Quelques arbustes des collines

 

 

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Quelques arbustes de nos collines

   

Amélanchier, Chêne kermès (voir arbres des collines), 
Genêts
:Genêt épineux,  
Genêt d'Espagne (Spartier à tiges de jonc) ;
Genévriers
 : Genévrier cade, Genévrier commun, Genévrier de Phénicie ;
Laurier-tin, Philaire, Pistachier lentisquePistachier térébinthe, Sumac

(Cette page sera complétée au fil des recherches.  
Les fiches des arbustes répertoriés ne seront pas traitées dans l'ordre alphabétique de la liste.
Les fiches mises en ligne sont soulignées.)

Chêne kermès
(voir la page précédente sur les arbres des collines)
Latin : Quercus coccifera
Provençal : Agarus
Famille : Fagaceae

Genêts
Les genêts font partie de la famille des Fabaceae dans laquelle il existe plusieurs genres.
En Provence et dans le Sud de la France en général, se trouvent notamment les espèces suivantes :
Genêt épineux, Genêt d'Espagne (Spartier à tiges de jonc)...

Genêt épineux (ou Genêt scorpion)
Latin : Genista scorpius
Provençal : Argéras (ou Argélas)
Famille : Fabaceae

La garrigue caillouteuse, avec un peu de terre sur la roche calcaire.
Genêt épineux, genévrier cade et "baouco" (brachipode rameux) sur la droite.
(Les Angles, près d'Avignon - mars 2009.)

 

Le genêt épineux ou genêt scorpion mérite bien son nom. L'arbuste qui peut atteindre 1,5 mètres de haut, porte sur ses tiges une multitude d'épines dures
et acérées comme des aiguilles.
Cet arbuste peut se trouver isolé ou former de véritables remparts infranchissables.
Les feuilles, petites, de 1 cm de long au plus apparaissent au printemps et tombent ensuite rapidement. Le dessous est pubescent (duveteux).
Les fleurs, de couleur jaune vif poussent en général à la base des épines.

Habitat : Garrigue, pentes arides et rocailleuses, milieu calcaire en général.

Répartition : Espagne, Sud de la France. 


(Spartier à tiges de jonc)
Genêt d'Espagne

Latin : Spartium junceum
Provençal : Ginesto
Famille (en Latin) : Fabaceae 
C'est la seule espèce
du genre Spartium. 

Chemin encadré par des haies de genêts d'Espagne.
En allant vers " Le Mas des Lavandes " (Vaucluse - mai 2003).  
 

 

 

 Les feuilles sont persistantes, petites, oblongues, glabres sur le dessus
et recouvertes
de petits poils par dessous.

Les fleurs ont une couleur jaune vif
et sont très odorantes.
Elles sont assez   grandes,
de 2 à 3 cm de long,
alternées vers le haut de la tige
et groupées à son extrémité.
 Floraison de mai à juin, décalée suivant l'altitude et la situation.  

Le spartier à tiges de jonc (ou genêt d'Espagne, ou faux fenêt d'Espagne)
se présente sous forme d'arbrisseaux de 1 à 3 mètres de haut.
Ses rameaux sont effilés, les branches cylindriques, de couleur verte, se terminent souvent par une pointe.

Répartition : C'est une plante très résistante à la chaleur, mais aussi au froid et son aire de répartition est grande.
En France, elle se trouve dans tout le Midi, jusque sur les pentes du Massif Central, dans le Rhône,  le Lot, en Dordogne et en Corse.
Europe méridionale, Afrique du Nord, Canaries, Asie occidentale. 

Propriétés : Toutes les parties de la plante ont un intérêt pharmaceutique.
Elle contient de la spartéine qui est un alcaloïde toxique. Les médicaments à bas de spartéine sont utilisés pour soigner les troubles cardiaques et de circulation sanguine.
Les tiges flexibles servaient à fabriquer de la vannerie.

Genévriers


Les genévriers font partie de la division ou embranchement des phinophypes (latin : phynophyta) ou conifères.  

Le genre botanique des genévriers (Latin : Juniperus) comporte un grand nombre d'espèces qui font partie
de la famille des Cupressacées (Latin : Cupressaceae).

Nous traiterons uniquement des espèces que l'on retrouve en Provence :
Genévrier cade ou Oxycèdre (Latin : Juniperus oxycedrus), Genévrier commun (Latin : Juniperus communis),
Genévrier de Phénicie (Latin : Juniperus phoenicea). 
 
Le genre genévrier (Junipérus) est caractérisé par des fruits qui sont de petits cônes appelés galbules
constitués d'écailles plus ou moins soudées entre elles.
Les feuilles de genévriers sont de deux sortes :
- feuilles en aiguilles : Genévrier commun, Genévrier cade...
- feuilles à écailles : Genévrier de Phénicie...

Quelques généralités :
Situation
: Les genévriers préfèrent les sols pierreux, calcaires de préférence, et les situations bien ensoleillées.

Origine du nom
: Le terme genévrier  vient certainement d'un mot celte composé de gen (petit buisson) et de prus (âpre) par allusion à l'âpreté des fruits). Le terme celtique a été ensuite transformé pour donner en latin juniperus, nom botanique du genre  des genévriers.

Genévrier cade (ou Oxycèdre)
Latin : Juniperus oxycedrus
 
Provençal : Cade (ou Lou cade)
Famille : Cupressacées ; Latin : Cupressaceae


L'écorce du tronc et des branches du genévrier cade est grise à rougeâtre et rugueuse.
Les feuilles persistantes
ont la forme d'aiguilles de 3 à 20 mm
de long, avec une arête centrale longitudinale verte.
Leur face supérieure porte deux bandes plus claires de part et d'autre de cette arête. Ceci est une des particularités qui permet
de bien distinguer le genévrier cade
du genévrier commun dont les feuilles ne portent qu'une bande claire centrale longitudinale sur la face supérieure. Leur face inférieure est verte et carénée de part et d'autre de l'axe central.
Le genévrier cade est un arbuste dioïque 
à fleurs unisexuées (les fleurs mâles et femelles ne poussent pas sur la même plante). Fleurs mâles de 3 à 5 mm de long, jaunes ;
les fleurs femelles plus petites.
Floraison entre mars et avril. 
Les fruits correspondent aux cônes femelles qui prennent l'allure
de baies sphériques
lorsque les écailles se soudent
les unes aux autres (grosseur : 8 à 15 mm de diamètre à maturité). Ces baies d'abord vertes, puis jaunes, deviennent rouge-brun à maturité, en hiver.
La grosseur et la couleur de ces baies sont deux autres critères
qui permettent de bien différencier le genévrier cade du genévrier commun dont les baies sont bien plus petites que celles du genévrier cade, et noires à maturité.

Genévriers cades (ou oxycèdres) ; Cades.
de part et d'autre d'un sentier,
dans la garrigue gardoise allant vers le "Rocher Pointu"
(près de Saze et Villeneuve-lez-Avignon ; décembre 2008).  

Sur la troisième photo (à droite), les deux bandes claires des feuilles apparaissent nettement, séparées par une arête centrale longitudinale vert foncé et, sur l'un des cônes à maturité, les écailles sont visibles.

Le genévrier cade reste, en Provence, un arbuste qui peut toutefois atteindre 4 à 5 mètres. Mais, dans des conditions exceptionnellement favorables de sol et d'exposition,
il peut devenir un véritable arbre. Durée de vie : 200 ans.
Répartition : Bassin méditerranéen, ouest de l'Asie.
Habitat : Maquis, garrigues. Il pousse allègrement en Provence, mêlé avec les lauriers tin, les chênes Kermès, les cistes...
C'est l'espèce la plus commune des collines provençales, essentiellement en partie basse des massifs montagneux.
Lorsqu'on progresse en altitude, il est remplacé, à partir de 500 mètres, par le Genévrier commun (Juniperus communis).
Propriétés et usages : Le bois imputrescible peut être utilisé dans la statuaire de petite dimensions, pour fabriquer des objets (boules) anti-mites à mettre dans les penderies.
L'huile de cade est toujours très utilisée en pharmacie comme antiseptique, désinfectant, comme traitement d'appoint de certaines affections de la peau. On la trouve dans certains shampooings.
Remarque : Les baies à maturité peuvent être goûtées, mais uniquement par curiosité. Elles sont parfumées, mais leur goût est très prononcé et particulier.

Genévrier commun
Latin : Juniperus communis
Famille : Cupressacées ; Latin : Cupressaceae

Le genévrier commun est un arbuste en général assez bas,
mais il peut atteindre 5 mètres de haut suivant les conditions
de la nature du sol, de l'exposition, de l' humidité et de l'altitude.

Les feuilles de cet arbuste, d'une longueur de quelques cm
(2 à 5 cm), sont effilées et piquantes.
Le dessus de chaque feuille porte une large bande claire.
Remarque :
Cette particularité permet de le différencier en toute saison du genévrier cade, dont les feuilles, piquantes aussi, mais un peu plus longues, portent deux bandes claires sur leur face supérieure.


Les fruits sont des galbules
(petit cônes ayant l'apparence de "baies").
Ils sont appelés indifféremment "baies de genévrier"
ou "genièvre".

Ces galbules sont sphériques (diamètre de 5 mm environ),
de la grosseur d'un petit pois, donc nettement plus petits que ceux du genévrier cade, de couleur bleu très foncé à maturité (en hiver). 
Ils arrivent à maturité à l'automne-hiver
de la deuxième année.
Remarque :
C'est la deuxième particularité qui permet de bien distinguer les deux espèces de genévriers.

                Origine de ces trois photographies :
           Wikipédia (fiche sur le genévrier commun).

                     Galbules de genévrier commun, 
                     de couleur bleu foncé à maturité.

Merles, grives et genièvre :
Ces fruits sont très appréciés par les oiseaux qui s'en régalent, en particulier par les merles et les grives.
Les merles sont souvent sédentaires dans l'hémisphère nord. La merlate (merle femelle) possède un plumage gris foncé. Le merle arbore un plumage d'un noir profond et son bec est jaune-orangé. De quoi séduire plus d'une merlate !
Les grives restent des oiseaux migrateurs, et la Provence n'est pour eux qu'une terre de transit entre les régions septentrionales de l'Europe et l'Afrique. Il y a la "passe", c'est à dire le passage des oiseaux du nord vers le sud, en début d'hiver (octobre-novembre-tout début décembre) ;
ils s'arrêtent alors pour emmagasiner de l'énergie, prendre des forces avant la traversée de la Méditerranée. 
Puis la "repasse", soit le passage des oiseaux du sud vers le nord en fin d'hiver (février-mars) ; ils s'arrêtent de nouveau pour s'alimenter, notamment de "baies de genévrier commun", reprendre des forces après la traversée de la Méditerranée, avant de repartir vers le Nord. 
     
Répartition et Habitat
:
- Le genévrier commun est répandu dans la plus grande partie de l'Europe.
Il pousse à partir de 500 mètres d'altitude, dans des zones fraîches et boisées.
-En Provence, on trouve par exemple le genévrier commun dans la forêt domaniale de la Sainte-Baume, réputée et protégée depuis des siècles. D'ailleurs, sur le plateau où s'étend cette forêt se trouve la fontaine des Genièvres, située en bordure sud du Chemin des Excursionnistes Toulonnais (E.T. 34) ; (Carte I.G.N. n° 3345 OT - Signes-Tourves-massif de la Sainte-Baume).

Bien sûr, il trouve aussi en Haute-Provence, avec l'altitude.

                                           
Une longue parenthèse sur la Sainte-Baume, ce lieu unique en Provence 
Situation de la Sainte-Baume :
- La chaîne de la Sainte-Baume est située à l'est de la plaine de l'Huveaune et d'Aubagne.
Cette chaîne montagneuse, comme le massif du Garlaban, sont les derniers contreforts des Alpes, qui se sont formées au tertiaire
(entre -70 et -10 millions d'années environ).  
Elle s'étend de Gémenos (au pied du pic de Bertagne - altitude 1042 mètres), jusqu'à Mazaugues et Saint-Maximin. Elle est constituée d'une dorsale calcaire d'orientation ouest-est et d'altitude 1000 mètres en moyenne (altitude maximale au Jouc de l'Aigle - 1148 mètres) comportant côté nord des pentes très raides et des falaises donnant sur un plateau d'altitude 500 à 700 mètres.
La crête de la dorsale est parcourue d'ouest en est par le sentier de grande randonnée G.R. 9 et le plateau (à la base du flanc nord de la crête) par le Chemin des Excursionnistes Toulonnais (E.T. 47).

Relief et géologie :
La chaîne de la Sainte-Baume, est formée de roches calcaires. C'est un relief karstique. Le terme karst (adjectif), introduit en 1931 par les géologues, vient de Karst (nom d'une zone de plateaux calcaires de Yougoslavie), identifie une zone calcaire où prédomine l'érosion chimique du calcaire qui crée au fil du temps des grottes, avens et des réseaux souterrains permettant la circulation des eaux. Ces eaux ressurgissent en aval, dans ce cas au Plan-d'Aups et dans le magnifique parc naturel de Saint-Pons (Gémenos). 

Micro-climat et végétation :
Sur ces pentes et ce plateau poussent des essences que l'on ne trouve pas normalement en Provence : hêtres géants qui forment de belles hêtraies, tilleuls, érables, tous ces arbres majestueux à feuilles caduques protègent de nombreuse essences d'arbustes comme l'if, le houx,
le buis, le fusain, le genévrier commun, le genévrier cade...
Ce micro-climat particulier est provoqué par les falaises qui dominent la région boisée, et dont l'ombre portée entretient une fraîcheur et une humidité bien plus septentrionales. Lorsque cette muraille devient moins haute, en limites ouest et est des falaises, au flanc sud de la crête et côté nord du plateau, une végétation plus spécifiquement méditerranéenne, avec la présence du chêne blanc et du chêne kermès en particulier, mais aussi du pin sylvestre, reprend ses droits.

Et puis, tapissant le sol, la "baouco" qui cache souvent, en automne, les champignons délicieux que sont les lactaires.
Attention !
Un Provençal parlera toujours de "safranés" et de "sanguins", deux variétés de lactaires.

Petite histoire de chercheur de champignons :
Imaginons ! Nous sommes au plan d'Aups, un matin d'octobre. La brume s'étale encore sur le plateau. Les buissons de genévriers commun émergent de la "baouco". Le chercheur de champignon est attentif à la moindre ondulation de celle-ci. Il retient son souffle car, justement, au pied d'un genévrier, la baouco est légèrement bossue. Cette ondulation lui laisse espérer la présence de lactaires.
Il s'approche, écarte délicatement les herbes, son cœur va exploser.
Il les a vus : trois sanguins sont là, serrés, qui l'attendent. Alors il sort son couteau, car, pour cueillir un champignon, il ne faut surtout pas l'arracher, mais le couper à la base du pied afin que les spores restent et donnent naissance à d'autres champignon, au même endroit, dans quelques jours ou l'an prochain.
Alors, il place ce trésor sur un lit de thyn et de baouco qu'il a disposé au fond de son grand panier en osier , afin de ne pas les abîmer. Puis il remet la baouco en place et mémorise l'emplacement qu'il conservera secret.


Une recette de ma grand-mère : les lactaires au vinaigre.
Nettoyez les lactaires (trouvés, c'est mieux évidemment, ou achetés sur le marché) et les rincer, puis les sécher en les posant sur du papier absorbant. Séparer les têtes des pieds, en ne conservant que les têtes, puis ranger celles-ci par couches, dans des bocaux en verre, en les saupoudrant régulièrement de sel et d'un peu de poivre. Ajouter deux feuilles de laurier sauce. Lorsque les bocaux sont aux trois quarts pleins, verser du vinaigre blanc bouillant (un bon vinaigre blanc de préférence), que l'on a fait chauffer dans une casserole. Attention aux éclaboussures car le vinaigre est acide ! Il vaut mieux porter des lunettes pour cette opération.
Laisser refroidir, puis fermer le bocal avec son couvercle.
Les lactaires ainsi préparer constituerons un excellent condiment durant tout l'hiver, pour accompagner des viandes par exemple.

Les "glacières" de la Saint-Baume :
L'altitude et l'orientation nord conduit à des hivers rigoureux. Au XIXème siècle (peut-être avant) et jusqu'au début du XXème siècle, on avait creusé d'immenses puits (10 mètres de diamètre pour 20 mètres de profondeur environ) sur les pentes nord de la dorsale. Ces puits étaient remplis de neige en hiver. Les ouvriers créaient en fait des couches de neige alternées avec des buissons, afin de pouvoir récupérer plus facilement la glace ainsi  formée. En effet, sous son poids, la neige accumulée et compactée se transformait en glace. La récupération de la glace se faisait par une ouverture située à la base de chaque puits. Durant la saison chaude, cette glace était transportée à dos d'ânes vers les villes, jusqu'à Marseille, et commercialisée, afin de conserver au frais les aliments dans les ancêtres des réfrigérateurs, que l'on appelait des "glacières" (glacière : petit meuble en bois placé dans la cuisine ou l'appentis, ou la cave) ; mais aussi, ne l'oublions pas de permettre à Panisse, Escartefigue, César et Monsieur Brun de boire leur picon-citron-curaçao bien frais tout en jouant aux cartes, attablés à la terrasse du Café de la Marine (quai du Port-Le Vieux Port-Marseille).   
Les "glacières
" de la Sainte-Baume sont des vestiges intéressants à découvrir. Elles sont répertoriées sur certaines cartes ou guides. On entrouve par exemple vers le haut du sentier qui mène du parc de la vallée de Saint-Pons (Gèmenos) jusqu'au pic de Bertagne, et du côté est , du Plan-d'Aups, vers Mazaugues.

La grotte de Marie-Madeleine et la légende des Saintes Maries :
La grotte de Marie Madeleine
C'est une cavité naturelle creusée au milieu du flanc de la falaise nord, avec un à-pic de 100 mètres à ce niveau de la chaîne montagneuse, en à-plomb du sommet du Saint-Pilon (altitude : 1000 mètres).
Dès le Vème siècle, les moines de Saint-Cassien s'installent dans la grotte, qui était déjà un lieu de pèlerinage en l'honneur de Marie-Madeleine. 
À partir de 1295, les pères dominicains deviennent les gardiens de la grotte et construisent l'Hôtellerie de la Sainte-Baume, au plan d'Aups, en contrebas de la grotte.
La légende des Saintes Maries.
À la mort du Christ, Marie Jacobé, sœur de la Vierge Marie, et Marie Salomé, accompagnées de Sarah, leur servante égyptienne, de Lazare le ressuscité, de Marthe, sa sœur, et de Marie Madeleine, la pécheresse, sont chassés de Palestine. Après un traversée périlleuse de la Méditerranée, en barque, sans rames ni voiles, ils accostent en Camargue.
Les trois Marie, âgées, s'installent à l'endroit de l'église actuelle du village des Saintes-Maries-de-la-Mer (d'où le nom du village), pendant que leurs compagnons partent évangéliser la Provence.
Selon la tradition, Marie-Madeleine se serait ensuite retirée à la Sainte-Baume, dans la grotte qui lui aurait servi d'hermitage, et qui porte son nom, pour y faire pénitence. Elle aurait ensuite été enterrée à Saint-Maximin.

                                                                                         
    Propriétés et utilisations du genévrier :
Propriétés gustatives :
- Les fruits (cônes) du genévrier commun sont comestibles. Ce sont eux que l'on utilise comme condiment dans la préparation de la choucroute alsacienne. En dehors du goût très agréable qu'ils donnent à la choucroute, ils ont un effet digestif reconnu.
- Le gin est obtenu en faisant macérer des "baies" de genièvre dans de l'eau de vie.
Propriétés médicinales :
Le genévrier commun contient une essence aromatique appelée "camphre du genièvre". Les baies contiennent en outre des tanins colorants, de la junipérine, des acides organiques, du fructose (sucre contenu dans les fruits, qui est une association de glucose et de saccharose)...
L'ensemble de ces composants donnent à cette plante des propriétés qui ont de tout temps servi en médecine. On utilise surtout les galbules récoltées à maturité.
Utilisations comme : sédatif, expectorant, pour les traitements de l'anorexie, de l'atonie intestinale en améliorant la digestion...
                                                       Attention ! Le genièvre est rigoureusement contre-indiqué durant la grossesse.

Genévrier de Phénicie
Latin : Juniperus phoenicea
Provençal : Lou Mourven
Famille : Cupressacées ; Latin : Cupressaceae

Genévrier de Phénicie dans une garrigue
près de Villeneuve-lez-Avignon (Gard, limite ouest du Vaucluse).
Cet arbuste à feuilles persistantes pousse dans les rocailles,
surtout sur sol calcaire.
Il est très ramifié, souvent de forme conique (photo de gauche),
mais parfois de forme plus irrégulière (photo de droite).
Il peut atteindre 2 à 6 mètres de haut.
L'écorce est brun-rouge foncé, très fissurée longitudinalement.

Les feuilles sont squamiformes (écailleuses) et opposées.
Cette particularité permet de bien distinguer en toute saison, 
le genévrier de Phénicie du genévrier cade et du genévrier commun 
dont  les feuilles ont la forme d'aiguilles   ;
Remarque : Les feuilles du genévrier de Phénicie sont squamiformes
comme celles du cyprès de Provence (Cupressus sempervirens).

Le Genévrier de Phénicie est un arbuste monoïque (dont les fleurs mâles et femelles sont réunies sur un même pied) à fleurs unisexuées.
Les fruits sont des cônes sphériques (qui ressemblent à des baies) verts, puis orangés, et noirs à maturité.
Ces cônes ne dépassent pas 8 mm de diamètre. Ils sont un peu plus petits que ceux du genévrier cade.
Répartition : bassin méditerranéen (sur le littoral ou dans l'arrière pays), Nord-ouest de l'Afrique, îles Canaries. 
Habitat : garrigues rocailleuses, maquis, surtout sur les terrains calcaires.

Un taillis (presque la jungle) dans la garrigue provençale où l'on distingue :
(à gauche) un pied de genévrier cade de feuillage vert-gris ; (à droite) un pied de genévrier de Phénicie de feuillage vert foncé ;  
(en bas, sur la droite) un pied de buis commun (lundi 2 mars 2009-15h).   

Laurier- tin
Latin : Viburnum tinus
Famille : Caprifoliacées ; Latin : Caprifoliaceae

Buisson de laurier-tin.
Vallon de Marcellin, au pied des barres du Saint-Esprit.
 
(Sortie du samedi 18 avril 2009 avec le groupe des Amis de Marcel Pagnol.)

Le laurier tin est très répandu dans les collines provençales car il est très résistant aux variations saisonnières de température.
Bien adapté aux chaleurs de l'été, il est aussi résistant aux coups de froid de l'hiver, notamment les jours de Mistral.
Il se présente sous forme de buissons arbustifs très ramifiés de 1 mètre à 3 mètres de haut (et même plus).
Les feuilles sont opposées, ovales ou oblongues. La face supérieure est vert foncé luisant car recouverte d'un vernis qui permet l'adaptation à la chaleur en limitant l'évaporation de la plante.
Les fleurs sont blanches  (intérieur et extérieur des pétales) ou légèrement rosées à l'extérieur de celles-ci. Elles dégagent un léger parfum. Elles se présentes en cymes terminales de 4 à 9 cm de long. Les corolles portent 5 pétales et 5 étamines munies d'anthères blanches.
La floraison a lieu de janvier à juin.

Laurier-tin avec des fleurs aux pétales délicatement rosées à l'extérieur.
(Les Angles (Gard), près d'Avignon ; dimanche 22 mars 2009.)

Laurier-tin portant des grappes de baies en octobre.
(Villeneuve-lez-Avignon ; octobre 2008.)

Les fruits sont des baies ovales de 5 mm à 1 cm de long, d'abord d'un bleu foncé brillant ; elles deviennent noires lorsqu'elles sont presque sèches en hiver.
Répartition :
Sud de l'Europe, Bassin méditerranéen (très répandu en Provence), Anatolie.
Habitat :
Maquis, garrigues. Se trouve aussi bien dans les endroits secs que dans les lieux un peu plus humides comme les bas-fonds, ou sous les couverts de pins. Les plantes recevant moins de lumière sont alors moins hautes.
Utilisations :
Le laurier-tin se prête bien à la constitution de haies rustiques naturelles très fournies, lorsqu'il se trouve déjà en place sur un terrain. Cette espèce se trouve maintenant dans les jardineries. On l'utilise pour réaliser des haies de jardins car il se taille commodément et demande peu d'arrosage.

Pistachiers
Latin : Pistacia
Le genre Pistacia regroupe plusieurs espèces qui appartiennent à la famille des Anacardiacea.
Les principales sont :

Pistacia atlantica, Pistacia chinensis, Pistacia lenticus, Pistachia terebinthus, Pistacia vera. 
 
Dans le bassin méditerranéen, on trouve les espèces :
Pistachier lentisque (Latin : Pistacia lenticus), Pistachier térébinthe (Latin : Pistacia terebenthus)
et Pistachier vrai (Latin : Pistacia vera).
Dans le Midi de la France et donc en Provence, les espèces : Pistachier lentisque et Pistachier térébinthe,
se trouvent à l'état naturel et ne sont pas cultivées.
Le Pistachier vrai, espèce originaire du nord-est de l'Iran, du nord de l'Afghanistan et de l'Asie centrale, est cultivé principalement en Iran, Turquie, Afghanistan, Syrie, Grèce et Californie. Sa production s'est fortement développée et avoisine actuellement 90 000 tonnes. 

Pistachier lentisque
(Lentisque en langage courant)
Latin : Pistacia lentica
Famille : Anacardiacées ; Latin : Anacardiacea


Buisson de pistachier lentisque (Le Gros Cerveau, colline de la commune de Sanary-sur-Mer, à l'ouest de Toulon - photo fin décembre 2008).
La végétation y est encore très belle et, du sommet de la colline où se trouve un ancien fort Vauban construit pour la défense de Toulon, la vue est superbe entre la rade de Toulon et la baie de Bandol.

 

  Les feuilles comportent un nombre pair de folioles,
ce qui   permet de bien le distinguer du Pistachier thérébinthe.
  Ces feuilles sont lancéolées, ovales ou elliptiques, d'un beau vert   lumineux. Elles sont persistantes (cette photo a été prise par un   jour ensoleillé, en plein hiver).
  Les fruits sont des drupes de 4 mm de diamètre environ, d'abord   rouges, puis noires à maturité. Ils ne sont pas comestibles.

Le pistachier lentisque, appelé communément lentisque est un arbrisseau fortement ramifié à partir de la base, qui reste à l'état naturel dans le Midi de la France, mais il aime la chaleur et préfère le littoral méditerranéen. Il est aussi appelé arbre à mastic
C'est souvent un petit arbuste qui peut atteindre 2 à 3 mètres de haut, buissonnant, mais lorsqu'il est cultivé, il peut devenir un véritable arbre de 7 à 8 mètre de hauteur.

Répartition et habitat : bassin méditerranéen, Canaries, Portugal.
Il pousse dans les maquis et les garrigues dans tout type de sols et reste à l'état sauvage en France.

Propriétés et utilisations : Le pistachier lentisque est cultivé, par exemple sur l'île de Chio, en Grèce, depuis l'antiquité.
Sa sève est une résine transparente, d'odeur agréable, extraite par des saignées faites dans l'écorce du tronc et des branches.
Cette résine est utilisée pour la composition de laques, vernis, mastics et colles des pansements.
On l'utilisait aussi pour la fabrication de médicaments.
Sa résine est  utilisée en Orient, sous le nom de "mastic de Chio", pour fabriquer une pâte à mâcher permettant de conserver l'haleine fraîche. On en faisait une grande consommation à la cour de Constantinople.   

Pistachier térébinthe
(Térébinthe
en langage courant)
 
Latin : Pistacia terebinthus
Provençal : Pétélin
Famille : Anacardiacées ; Latin : Anacardiaceae 

 

Pistachier thérébinthe, appelé couramment thérébinthe,
ou pétélin en Provençal. Cet arbuste se trouve bien dans le
site
romain de Saint-Rémy-en Provence (photo-août 2002).

 À la fin du printemps, les fleurs en grappes donnent des fruits
qui sont des drupes sphériques de 4 à 5 mm de diamètre,   d'abord rouges (ce qui est le cas sur la photo), puis brunâtres à   maturité. Ces fruits, à la saveur agréable, ne sont pas toxiques.
Sur la gauche s'observent deux gousses gonflées, jaunies et  tordues, qui ont souvent une forme de corne ou de fève tordue et rougeâtre. Ce sont en fait des folioles qui ont subi une mutation due à la présence d'œufs de son parasite, le puceron du genre Pemphigella.
C'est la gale du pistachier.

En Provence, le pistachier térébinthe porte le nom de pétélin à cause de ces folioles atteintes de la gale,
que les enfants aimaient à faire éclater ("péter") comme des pétards.  


 Les feuilles sont caduques, d'un vert vif au printemps, jaunes, puis rouges en automne. Elles comportent un nombre impair de folioles, ce qui le distingue bien, en période végétative, du pistachier lentisque.

Les fleurs sont unisexuées, petites, en grappes, sur les rameaux de l'année. Floraison de mai à juin.

Les fruits sont des drupes ovoïdes 
 de 4 à 5 mm de diamètre, d'abord rouges (ce qui est le cas sur la photo)puis brunâtres à maturité.


Le pistachier térébinthe est un arbuste aromatique, de 3 à 5 mètres de haut, plutôt buissonnant.
Répartition : C'est un arbre commun dans tout le bassin méditerranéen (Maroc, Turquie, Syrie, Israël...) et au Portugal.
En France, il est surtout présent dans le Midi, jusqu'à 500 mètres d'altitude. Il se trouve dans les maquis et garrigues,
en général sur sol secs et calcaires. Il reste à l'état sauvage en France, dans la zone méditerranéenne. 
Utilisations : Son bois dur est utilisé en marqueterie et ébénisterie.
Il est utilisé comme porte greffe pour le pistachier vrai (Pistacia vera, originaire de Syrie ; celui qui produit les pistaches),
car c'est un arbuste très rustique et résistant.
De ses graines particulièrement oléagineuses, on extrait l'huile de térébenthine qui était utilisée pour les frictions en cas de rhume et
de refroidissement des bronches et en inhalations.
Note : Cette odeur conserve pour l'auteur de ce site comme un parfum de souvenirs d'enfance.
Cette huile sert aussi dans la composition de solvants pour les vernis (essence de térébenthine).

Sumac des corroyeurs
Latin : Rhus coriaria
Provençal : Fauvi
Famille : Anacardiacées ; Latin : Anacardiaceae

                            Bosquet d'arbustes de Sumac des corroyeurs.
                                        Collines de Riboux et Signes. 
Promenade avec "Les Amis de Marcel Pagnol " sur les traces de
Jean de Florette
, film de Claude Berri - jeudi 13 mai 2010).
Le Sumac des corroyeurs se présente sous forme d'arbuste ou de petit arbre pouvant atteindre 3 mètres de haut.
Les feuilles sont alternes, de 10 à 20 cm de long, comportent de
7
à 21 folioles, ovales, pubescentes.
Les fleurs, denses, dressées, blanchâtres, apparaissent entre mai et août.
Les fruits se présentent en grappes dressées, sous forme de petites boules brunâtres à poils courts et raides.
Particularités : le Sumac des corroyeurs était utilisé en tannerie
et teinture pour ses pigments. L'écorce du tronc fournit des pigments jaune et noir, l'écorce des racines un pigment brun et les fruits un pigment rouge.
Situation : en basse altitude, sur sols calcaires et caillouteux.
Répartition : Sud de l'Europe, bassin méditerranéen, Proche-Orient.

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Quelques arbustes des collines