Les crèches, les santons,
représentations symboliques de la Nativité

 

 

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 Les crèches, les santons, représentations symboliques de la Nativité,
 trouvent leur source dans deux des quatre évangiles du Nouveau Testament,
l'évangile de Matthieu
et
l'évangile de Luc.

   

                                                 
Si Matthieu et Luc s'accordent pour faire naître le Christ à Bethléem, pour Luc, l'annonce de la naissance dans une étable est faite à des bergers, alors que pour Matthieu, elle s'adresse à des mages venus  " de l'Est " (Matthieu 2, 1), sans précision de nombre ni de point de départ.
Les crèches représentent à la fois les bergers de l'évangéliste Luc et les mages de l'évangéliste Matthieu. Les mages  ne sont pas des rois,
mais des astrologues venus d'Orient. L'Orient, présent dans un évangile avec les mages, évoque concrètement, mais de façon imprécise, le Proche-Orient, creuset et carrefour des civilisations anciennes. (Le Proche-Orient ancien s'étend du golfe Persique à la Méditerranée, de l'Égypte à la Syrie et à Babylone).Toutes les civilisations et les religions du bassin méditerranéen, en particulier le judaïsme et le christianisme, s'y développent en présentant des similitudes que nous retrouvons dans la Nativité.
Les évangiles de Matthieu et de Luc sont rédigés plusieurs dizaines d'années après la mort du Christ ; au cours des siècles suivants, de nombreux apports modifient peu à peu la représentation de la Nativité, sans en changer le sens : la naissance du Sauveur.
Ainsi, au III
ème siècle, Origène, père de l'Église, ajoute l'âne et le bœuf à la Sainte Famille, aux bergers et aux mages. Marie, Joseph et l'enfant Jésus, personnages bibliques, sont accompagnés de ces deux animaux, chargés d'un sens symbolique depuis les religions de l'Antiquité païenne et la Bible hébraïque.
Puis le pape Libère décide en 354 que Noël sera fêté le 25 décembre, une célébration qui met fin aux fêtes païennes accompagnant le solstice d'hiver. À la même époque, saint Jérôme, père du désert, traducteur de l'Ancien Testament, célèbre Noël avec ses proches en représentant la Nativité. Ainsi apparaît la représentation religieuse de la Nativité, bien avant saint François d'Assise, communément considéré comme étant à l'origine de la crèche. En effet, la naissance de la crèche est attribuée à saint François d'Assise, qui fait représenter dans l'église de Grecchio,
un village des Abruzzes, le soir du 25 décembre 1223, une crèche vivante, à laquelle participent les villageois et des animaux, mais dans laquelle le Christ ne figure pas. D'après Frédéric Mistral, l'introduction des crèches en Provence date de 1316, lorsque Jean XXII, alors Pape en Avignon, commande la crèche de la cathédrale des Doms.
Dès le XV
ème siècle, la campagne provençale est suggérée dans les crèches, par de la végétation et un décor, ainsi que par des personnages vêtus à la mode du temps, personnages de plus en plus nombreux, aux métiers divers, tous chargés d'offrandes, chacun constituant une figure utile à la connaissance du sens de la Nativité. L'ensemble des santons incarne des comportements, des places différentes et complémentaires dans la société de ce temps et l'Église toute entière, se rendant vers Jésus, chargés d'offrandes symboliques qu'il nous appartient de déchiffrer.
Les espèces végétales et le décor choisis, comme tout ce qui participe à la crèche, s'inscrit dans une symbolique soit héritée des temps anciens, soit en rupture avec eux, en fonction du message à transmettre.
Jean-Louis Lagnel, artiste figuriste (sculpteur pour les églises), né en 1764 à Marseille, crée en  1812 les moules de nombreuses figurines en argile. Au moment où la Révolution française interdit les crèches d'églises et les crèches publiques, la piété populaire se réfugie
et s'exprime dans le cadre des maisons.
Lagnel habille ses santons de vêtements portés en Provence au XIX
ème siècle ; il est considéré comme l'inventeur des santons d'argile et le modèle de tous les santonniers.
Ainsi s'est constituée et enrichie, au cours des siècles, et par des apports successifs, la crèche à forte valeur symbolique et métaphorique.
Nous ne décrirons pas ici les santons qui représentent les porteurs d'offrandes imaginés en Provence, car ce sujet  est abordé dans une page sur les santons d'Aubagne.

La Vierge Marie
(portant une robe rouge, un manteau bleu),
Joseph, l'âne, le bœuf, un berger, des moutons et les porteurs d'offrandes.
(Crèche exposée en Avignon ; Palais du Roure - décembre 2009, mais avant la Noël).
Santons en terre cuite peints.

 
Commençons par évoquer la Sainte Famille, famille terrestre, famille mystique.
    L'enfant Jésus

Le doigt levé de l'enfant Jésus indique la dimension transcendante et supraterrestre à laquelle Jésus est voué. La couche sur laquelle il repose peut être faite d'épis de blé, référence à la Cène au cours de laquelle Jésus bénit le pain et le vin, qui représentent son corps et
son sang offerts pour le salut des hommes. Parfois l'enfant est couché sur un linge blanc ; cette allusion au suaire dans lequel il sera enveloppé après avoir donné sa vie pour racheter le péché des hommes est inspirée de l'évangile de Luc, (2-7) : " Elle mit au monde un fils, son premier né. Elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ".
Le blé et le linge de la Nativité donnent le sens de la destinée de Jésus, en liant sa vie et sa mort dès sa naissance.
Les peintres et les santonniers représentent souvent l'enfant Jésus avec des cheveux blonds, la couleur de l'or, symbole de lumière.
Ce n'est pas un nouveau-né, mais un beau bébé, joufflu et potelé, d'un ou plusieurs mois.
Il n'est placé traditionnellement dans le crèche que dans la nuit du 24 au 25 décembre. Il est alors réchauffé par l'âne et le bœuf.

Marie
Dans le christianisme, Marie réunit tous les rôles attribués dans l'Antiquité, depuis la civilisation mésopotamienne, aux déesses-mères, déesses de l'Antiquité païenne, les Grandes Mères : mères, vierges, dominant les plantes, les animaux et toutes formes de fécondité, liées à la Terre nourricière, au cycle des saisons, au temps. Elle possède une virginité perpétuelle. Descendante d'Ève la pécheresse, elle rachète le péché originel, la tentation de la sexualité, en donnant naissance à Jésus-Christ. Elle devient ainsi la nouvelle Ève, celle qui intervient auprès de son fils qui rachète les péchés des descendants d'Adam, intercédant en faveur des humains.
Pour les Pères de l'Église, pendant les premiers siècles de la chrétienté, la femme, depuis Ève, est cause de la chute, l'origine du Mal,
la tentatrice. Ils affirment que Marie est vierge lorsqu'elle donne naissance à Jésus.
Le sens donné par les religions précédant le christianisme, à la virginité, est alors totalement modifié : les Grandes Déesses étaient des  
" déesses mères vierges " qui avaient donné naissance à des enfants sans être chastes, sans être mariées, libres de tout lien matrimonial, dans les sociétés patriarcales d'alors.
Cette acception de la virginité s'est pourtant maintenue beaucoup plus tard dans la chrétienté, puisque la reine Elizabeth d'Angleterre, femme sans mari mais non sans amants, était surnommée la " reine vierge ".
Voyons maintenant comment l'iconographie représente la Vierge :
" Tu es mon jardin privé,
  Petite sœur, ma promise,
  Ma source personnelle
  Ma fontaine réservée "
, dit Le Cantique des Cantiques, (4, 12).
Cette citation associe la Vierge et sa pureté au jardin fermé où éclosent les fleurs symboles mariaux : le lys blanc de sa virginité, la violette de son invincible humilité et la rose de son inlassable charité ; la Vierge Marie étant appelée " rose sans épines "
parce qu'indemne du péché originel. Au Moyen Âge, la Vierge est appelée " étoile du matin ", une appellation associée dans le monde gréco-romain à la déesse Vénus,
ou Stella Maris, dénomination hébraïque du prénom Marie.
Comme Dame de l'Apocalypse, la Vierge représente en outre un aspect de la Lune, réceptacle de la vie et de la fécondation universelle, mais aussi associée à la mort, une conception néo-testamentaire héritée du Proche Orient et du judaïsme. Le cycle de la lune détermine le calendrier des mois de l'année juive, qui possède parfois un treizième mois, celui de l'année " enceinte ". Et les mois de l'année juive doivent leur nom au calendrier babylonien. Dans le monde juif du temps de Jésus, chaque mois commençait lorsque deux témoins avaient vu la naissance de la lune. La journée commençait à la tombée de la nuit et s'achevait le lendemain lorsque trois étoiles proches de la lune étaient visibles dans le ciel.
La Vierge est représentée les pieds posés sur un croissant de lune au moment de la Contre Réforme (ensemble du mouvement inauguré par le Concile de Trente convoqué par le pape Paul III en 1545, et perpétué jusqu'en 1563), surtout en Espagne,
où elle s'accompagne d'un renouvellement de l'iconographie de L'Immaculée Conception, conformément au chapitre XII, versets (1, 6) de l'Apocalypse, " une femme habillée de soleil ; la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ".
La Vierge des crèches est représentée dans les premiers siècles du christianisme, couchée, après les douleurs de l'enfantement, puis à genoux, au moment de la Contre Réforme, ce qui signifie alors qu'elle n'a pas enfanté dans la douleur.
Le geste de sa main droite posée sur le cœur est caractéristique de la foi.
Si Matthieu écrit " mais avant qu'ils aient vécu ensemble, elle se trouva enceinte par la puissance du Saint-Esprit " (1, 18) ;
Luc, dans le Cantique de Marie, écrit :
" Marie dit alors :
- Mon âme loue la grandeur du Seigneur,
  Et mon cœur est plein de joie à cause de Dieu, mon sauveur (...) " (1, 46-47)
, un chant de dix versets appelé le Magnificat, reprenant le chant de remerciements d'Anne, mère de Samuel, qui prononce dans l'Ancien Testament, cette prière :
" Grâce au Seigneur, j'ai de la joie plein le cœur,

  Grâce au Seigneur, j'ai la tête haute,
  Je peux rire de mes ennemis.
  Je me réjouis : Dieu m'a secourue
  Le Seigneur seul est saint,
  Notre Dieu seul est un rocher.
  À part lui, il n'y a pas de Dieu ".

Luc, en reprenant la prière d'Anne, établit le lien qui unit l'Ancien et le Nouveau Testament.
Abordons maintenant, avec les couleurs qui représentent la Vierge, la symbolique de quelques couleurs :
Le bleu et le blanc, couleurs mariales, expriment le détachement des valeurs de ce monde et l'envoi de l'âme libérée vers Dieu, c'est à dire vers l'or qui viendra à la rencontre du blanc virginal, pendant son ascension dans le bleu céleste.
On y retrouve donc, valorisée positivement par la croyance en l'au-delà, l'association des couleurs mortuaires du bleu, couleur du manteau de la Vierge, du blanc et de l'or.
Domaine, ou plutôt climat de l'irréalité ou de la surréalité immobile, le bleu résout en lui-même les contradictions, les alternances, tels le jour et
la nuit, qui rythment la vie humaine. Les peintres du Moyen Âge et de la Renaissance utilisaient un pigment de grand prix pour peindre le manteau bleu outremer de la Vierge, le lapis lazuli, un minéral si rare et si cher (on ne le trouvait, jusqu'à la fin du XIX
ème siècle, que dans l'actuel Afghanistan) que sa quantité et son prix étaient spécifiés dans les commandes faites aux peintres, par les commanditaires des œuvres.
Le bleu outremer était plus cher que l'or. Cherté et rareté signifiant l'exception.
La Vierge, reconnaissable à son manteau bleu, est vêtue d'une robe rouge dans certains tableaux et par certains santonniers :
la couleur rouge, couleur primaire comme le bleu, symbolise la souveraineté. Le rouge bordait la tunique des patriciens romains de l'Antiquité. Comme l'Enfant Jésus, la Vierge a des cheveux blonds, dans la même symbolique ; ses cheveux dénoués sont symbole de pureté et de virginité.
Joseph
Iln'est d'abord mentionné dans Matthieu (1, 19) qu'en qualité de fiancé de Marie, " descendant de David ", " un homme pieux ".
Les deux évangiles prennent le soin de préciser de quelle branche il est issu, pour indiquer la filiation par rapport à l'Ancien Testament
et placer l'Ancien Testament des Hébreux dans la perspective de la venue du Messie qui sauvera le peuple d'Israël.
Matthieu commence son évangile par le chapitre 1 entièrement consacré aux ancêtres de Jésus. 

" Jacob fut le père de Joseph, l'époux de Marie qui fut la mère de Jésus, appelé le Messie " Matthieu, (1, 16) ;
" Il était, à ce que l'on pensait, fils de Joseph qui était..." Luc, (3, 2).
La généalogie de Joseph occupe une place importante dans son histoire. Chez Luc, la famille de Joseph descend d'Adam, alors que chez Matthieu, (1, 1), Joseph descend " de David, lui-même descendant d'Abraham ".

Puis Matthieu écrit " N'est-ce pas lui le fils du charpentier ? " (13, 55), lorsque Jésus enseigne en paraboles les gens de Nazareth.
Avant la Contre Réforme, Joseph est peu mis en valeur et en lumière. Mais ensuite, il personnifie l'abnégation et le labeur. L'iconographie de la Contre Réforme grandit son rôle : il est alors considéré comme un saint homme, aux valeurs d'abnégation et de foi. Son costume est de couleur violette, et il tient un bâton, ce bâton qui a fleuri lorsqu'il a obtenu la main de Marie, selon la tradition, et non les évangiles.

La Sainte Famille dans l'étable, après la naissance, dans la nuit du 24 au 25 décembre.
L'enfant Jésus est couché sur un
drap blanc et de la paille
La vierge Marie porte une robe rouge
Le petit peuple des porteurs d'offrandes s'approche.
(Crèche de l'église de Séguret (Vaucluse - 27 décembre 2009).
Santons en terre cuite (visage et mains) habillés.

 Le ciel : les anges, les étoiles

Les anges et les étoiles, le soleil et la lune, dans la Bible hébraïque, célèbrent la louange à Dieu ; ainsi, le Psaume 148 (1, 4) :
" Alléluia, vive le Seigneur !
  Du haut du ciel, glorifiez le Seigneur,
  Glorifiez-le, vous qui êtes là-haut.
  Glorifiez-le, tous ses anges,
  Glorifiez-le, toutes ses troupes.
  Glorifiez-le, soleil et lune,
  Glorifiez-le toutes, étoiles scintillantes "
Les anges
Les religions de l'Antiquité, en Inde, en Chaldée, en Perse, représentent des anges combattants, messagers annonciateurs, figures spirituelles de la parole divine, hiérarchisés tels les archanges, les anges, les démons des Grecs. Messagers des dieux, intermédiaires entre les dieux et
les hommes, ils sont des adaptations de figures mésopotamiennes par le judaïsme et le christianisme, tout en conservant leur forme et leur fonction. Ainsi les Assyriens représentent-ils un kerubim (nom à l'origine de chérubin) à l'entrée de leur forteresse, créature ailée à corps d'animal, à tête d'homme, ange gardien. Les anges, comme les oiseaux, ont des ailes afin de traduire leur dimension céleste.
Ils apparaissent dans la Genèse, après que Dieu ait chassé Adam et Ève du jardin d'Éden :
" Le Seigneur plaça des chérubins en sentinelle devant le jardin d'Éden. Ceux-ci, armés de l'épée flamboyante et tourbillonnante, devaient garder l'accès de l'arbre de vie " Genèse (3,2).
L'ange Gabriel de l'Annonciation s'adresse à Marie ; puis, dans l'évangile de Matthieu, (28, 2-7), un ange annonce la résurrection :
" Soudain il y eut un fort tremblement de terre, un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus " ;
" deux hommes aux vêtements brillants "
chez Luc, (24, 4), annoncent la résurrection de Jésus.

Botticelli peint trois anges annonçant la naissance de Jésus aux bergers et trois anges dans le ciel de la Nativité : le chiffre trois, un chiffre exprimant universellement la totalité, l'achèvement de toute chose, évoque alors les trois vertus théologales : la foi (pour l'ange vêtu de blanc), l'espérance (pour l'ange vêtu de vert) et la charité (pour l'ange vêtu de rouge).
Dans la crèche provençale, l'ange souffle dans sa trompette pour avertir les bergers de la naissance de Jésus ; aussi a-t-il les joues gonflées,
et devient-il l'ange boufarèu (en Provençal).

 

 

 


Les santons représentant les anges sont peints de couleur dorée, l'or étant la couleur du monde divin.

Leur tête n'est pas entourée par une auréole, comme dans les peintures. L'auréole, rayonnement solaire et cercle symbolisant le ciel, placée derrière la tête, indique la lumière spirituelle.
La tonsure des moines présents parmi le peuple des santons procède de la même symbolique.

 

 

                        Ange et or, couleur de la lumière divine.
                     (Crèche de l'église de Sarrians (Vaucluse - décembre 2009.)
                           Santon en cire (visage et mains) habillé.

Les mages
L'étoile fait suite aux phénomènes cosmiques extraordinaires, ayant précédé la naissance des fils de Dieu, y compris Bouddha.
Ce serait une erreur de penser que la date de la naissance du Christ ait pu être déterminée par l'astrologie ou l'astronomie. Toutes les recherches astronomiques de l'étoile de Bethléem furent vaines. On a imaginé de nombreuses hypothèses : apparition d'une comète, quadruple conjonction des planètes, étoile nouvelle ou explosion d'une supernova...
Mais toutes ces explications envisagées ne concordent pas avec un fait réel. Le phénomène a sans doute une origine  symbolique, mais ne s'accorde à aucun fait astronomique.
Au temps de la naissance présumée du Christ, les observations astronomiques étaient déjà si nombreuses que, si un grand phénomène particulier avait eu lieu, il aurait été remarqué et noté par les observateurs et les auteurs orientaux ou romains.
En sa qualité de source de lumière, l'étoile obéit aux volontés de Dieu, et les annonce. Un ange accompagne chacune d'elle.
L'étoile de Bethléem est considérée par la plupart des historiens comme une concession de l'Église naissante à la pensée astrologique, alors toute puissante.

Ciel étoilé de la nuit de la Nativité, anges.
      Santons en terre cuite peints (du santonnier Junoy - Décembre 2007).

                                                                             La Terre : étable, caverne, montagne, eau
Le choix de placer la Sainte Famille dans une étable procède du même symbolisme que celui de la caverne : l'étable en ruines représente la fin de l'ancien monde avec l'avènement du Christ et la précarité de l'édifice dans lequel la Vierge a accouché, où le Sauveur est né.
La caverne, la grotte, lieu souterrain ou lieu rupestre, au sommet voûté, plus ou moins enfoncé dans la montagne, représente l'utérus maternel,
le lieu de la renaissance et le passage vers l'au-delà. C'est dans l'Évangile apocryphe du pseudo-Matthieu qu'est mentionnnée pour la première fois la grotte.
Dans les traditions initiatiques grecques, la caverne symbolise le monde.
Ainsi Platon, dans La République, écrit :
" Ceux qui vivent dans une sorte de demeure souterraine en forme de caverne possédant, tout le long de la façade, une entrée qui ouvre largement du côté du jour ; à l'intérieur de cette demeure ils sont, depuis leur enfance, enchaînés par les jambes, par les jambes et par le cou, en sorte qu'ils restenr à la même place, ne voient que ce qui est en avant d'eux, incapables d'autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle-ci circulairement.
Quant à la lumière, elle vient d'un feu qui brûle en arrière d'eux, vers le haut et loin ".

La lumière indirecte qui éclaire les parois de la caverne vient d'un soleil invisible, mais elle indique la route de l'âme pour trouver le bien et le vrai. La montée vers le haut et la contemplation de ce qu'il y a en haut représentent la route de l'âme pour atteindre le lieu intelligible.
Le rocher est étroitement lié à la mission de Jésus-Christ sur la Terre, d'où émanent la source et le breuvage purificateurs pour l'âme.
La montagne est une allégorie de la vie humaine.
La fontaine située au centre d'un jardin, d'un édifice ou d'une ville, est symbole de vie, de renouvellement permanent de la nature à travers l'écoulement des eaux. Vue sous l'aspect des fronts baptismaux, elle représente l'entrée dans une nouvelle dimension spirituelle et existentielle. Elle représente aussi la fontaine du paradis. L'eau de la vie illustre la fonction vivifiante de Jésus.

L'âne
L'âne donne lieu à des interprétations contrastées : animal doux et humble, mais aussi animal têtu, indocile et paresseux.
Dans la Grèce antique, l'âne accompagnait Silène ivre, essayant à grand mal de rester assis sur le dos de sa monture. Apollon punit le roi Midas en lui faisant porter des oreilles d'âne. La mythologie romaine l'associe à Priape tentant d'abuser de Vesta endormie, les braiments de l'âne mettant fin à cette tentative.
Mais,dans l'Ancien Testament, au livre des Nombres, l'ânesse de Balaam voit l'ange envoyé par Dieu avant son maître qui la frappe pour qu'elle revienne sur le chemin que Balaam ne voit pas. L'âne présent dans l'Ancien Testament, retrouve un rôle important dans le Nouveau Testament : lors de la fuite en Égypte, Marie portant l'enfant Jésus chemine sur son âne. Et, de ce fait, dans les représentations de la Nativité, l'âne, fidèle compagnon de son voyage est toujours placé derrière la Vierge Marie.
Au Moyen Âge, avaient lieu des fêtes héritées du paganisme, au cours desquelles une jeune fille, montée sur un âne et symbolisant la Vierge, entrait dans l'église au cours d'une messe dont toutes les prières se terminaient par " hi-han "... L'âne est donc à nouveau moqué.
L'Église interdit ces fêtes licencieuses, héritières directe des Saturnales que nous évoquerons plus longuement au sujet des Rois Mages.

Le bœuf
Le bœuf, attribut de la figure allégorique de la patience, est aussi un animal sacrificiel dans l'Antiquité, un sens qu'il conserve avec le christianisme, symbole du sacrifice de Jésus. Le bœuf, bête de somme, est traditionnellement placé derrière Joseph dans la crèche provençale. " Le bœuf reconnaît son bouvier et l'âne de la crèche de son maître, mais Israël ne connaît rien et mon peuple ne comprend rien "
selon Isaïe, (1, 3). Ces deux animaux reconnaissent donc Jésus comme leur maître. Toutefois, les évangiles synoptiques ne mentionnent pas plus le bœuf que l'âne.
Les mages et les bergers
Mages et bergers font la relation entre l'étoile messagère du ciel, l'ange messager de Dieu, et la terre. Les bergers, proches géographiquement
de Bethléem, comme les mages venus de très loin, sont des personnages allégoriques, montrant l'universalité du message du Christ,
qui s'adresse à tous les hommes.

Les rois Mages (de gauche à droite Gaspard, Melchior et Balthazar
   arrivés à Bethléem le 6 janvier (fête de l'Épiphanie)
  se prosternent devant l'enfant Jésus couché sur un lit de d'
épis de blé.
 La vierge Marie est vêtue de bleu et de
blanc. L'âne se trouve derrière la Vierge et le bœuf derrière Joseph. 
  La scène se déroule ici dans une grotte.

(Crèche de l'église de Sarrians (Vaucluse - 8 janvier 2010.)

Ces santons d'église en cire proviennent du Carmel d'Avignon, comme de nombreux santons d'église de la région.
Marie Escudier, décédée en 1818, fabriquait des santons en cire à Bagnols-sur-Cèze.
Elle a transmis son savoir à sa cousine Marie-Anne Manifassié, devenue Carmélite en 1804.
Les religieuses ont alors créé pendant très longtemps des santons en cire qu'elles habillaient. 
Les mages
Le terme mage, d'origine iranienne, désigne une personne appartenant à la classe sacerdotale, dotée de pouvoirs politiques et religieux,
et possédant des connaissances scientifiques.
Le voyage, trajet sur des mers ou des terres inconnues, exprime la tension vers la recherche, la découverte, l'initiation et le changement.
Il illustre l'acquisition de la connaissance et d'une dimension spirituelle supérieure. La recherche de la terre promise ou du paradis perdu sont au nombre des représentations littéraires, religieuses, philosophiques  les plus significatives de cette aspiration symbolique.
Voici deux exemples de voyages légendaires et initiatiques dans l'Antiquité :
-  L'expédition des Argonautes (héros de la mythologie grecque, qui, sous le commandement de Jason, partent en Cholchide 
(contrée d'Asie située à l'est du Pont-Euxin et au sud du Caucase ; où se trouvaient des mines d'or) à la conquête de la Toison d'Or.
-  Le voyage d'Ulysse conté par Homère dans l'Odyssée.
C'est donc un voyage hautement symbolique qu'effectuent les mages " savants spécialistes des étoiles " nous dit Matthieu, (2, 1).

Ce voyage des mages est aussi un voyage intérieur, un prélude indispensable à la connaissance du monde et de Dieu.
Les trois mages et la symbolique du nombre :
Origène, né en 185 à Alexandrie, fixe à trois le nombre de mages, en se basant sur les trois présents à haute valeur symbolique qu'ils apportent ;
l'or, l'encens et la myrrhe.
Tertullien, Père de l'Église, fait des mages des rois, en s'inspirant d'une prophétie du Psaume de David, (67, 30) :
" De ton temple qui domine Jérusalem,

  Là où les rois t'apporteront leurs cadeaux ".

Ultérieurement, des noms sont donnés aux mages : Gaspard, Melchoir et Balthazar. Dans les premières représentations des crèches,
les trois mages symbolisent les trois âges de la vie : jeunesse, maturité et vieillesse. Melchior, le vieillard, se tient agenouillé devant Jésus, représentant le passé face au présent. À partir du XVIIème siècle, Balthazar est noir, dans le désir de montrer l'universalité du catholicisme, qui s'étend sur l'Europe, mais aussi sur l'Afrique et sur l'Orient asiatique représenté par Gaspard. Toutefois, suivant les représentations, les noms et  les attributs de Balthazar et de Gaspard peuvent changer. Gaspard apporte l'encens utilisé par les prêtres pour le culte, encens dont les fumées symbolisent l'aspiration de l'âme vers le ciel, la prière, donc symbole de la divinité de Jésus. Balthazar offre la myrrhe qui signifie en premier lieu amour du Christ pour l'humanité, avant de devenir symbole de mort.la myrrhe était déjà utilisée pour l'embaumement dans l'Egypte pharaonnique. L'encens et la myrrhe sont fréquemment évoqués dans l'Ancien Testament, en particulier dans le Cantique des Cantiques. L'or, offert par Melchior, le plus précieux des trois présents, atteste de la royauté de Jésus.
Les mages, sont accompagnés d'animaux exotiques, le chameau ou le dromadaire, l'éléphant, et parfois de chevaux. Les chameaux qui permettent matériellement la traversée du désert, permettent aussi d'accéder au sens caché des événements. Les éléphants sont les attributs des rois.
Historique de la tradition :
En fait, l'Évangile de Matthieu ne parle précise pas la date d'arrivée des mages à Bethléem. Selon la tradition, ils arrivent le 6 janvier,
qui correspond à la fête de l'Épiphanie créée seulement au XIIème siècle.
Les mages personnifient les puissants qui acceptent leur soumission au Christ.
Le rite du gâteau des rois, associé aux mages, est une survivance de la fête des Saturnales qui, dans le monde païen antique, correspondait au tirage au sort d'un roi, parmi le peuple, au cours du mois de janvier, mois de réjouissances populaires où les esclaves prenaient, pour un jour, la place de leurs maîtres, dans ces fêtes où tout était " à l'envers ". À la fin des Saturnales, les enfants recevaient des cadeaux et les maisons étaient décorées de plantes vertes, allusion au renouveau de la végétation avec le solstice et le retour de la lumière

                                          
   Les bergers, les brebis, les agneaux, métaphores fréquentes dans les évangiles
Le berger et son chien
Dans les civilisations antiques de nomades éleveurs, l'image du berger se charge de symbolisme religieux et, chez les Hébreux, les nomades sont toujours préférés aux sédentaires. Abel est nomade alors que Caïn, son frère et meurtrier, est cultivateur. Le sédentaire supporte la malédiction de l'homme lié à la terre.
Cependant, au temps de Jésus, les bergers, vivant loin  de Jérusalem et des villes, sont considérés avec méfiance. Ils sont accusés de ne pas respecter la Loi. En les choisissant, Luc adresse le message divin à des pauvres, des exclus de la société. C'est Dieu qui est le berger d'Israël, conduisant son troupeau, et le protégeant. Dieu délègue une partie de son autorité aux chefs temporels et religieux, appelés "bergers du peuple".
Les Juges sont les bergers du peuple de Dieu, et David, jeune berger, est devenu le chef de son peuple.
" Je suis le bon berger ", dit Jésus, prêt à mourir pour ses brebis.
Le berger personnifie la veille ; sa fonction est un exercice continu de vigilance ; il est éveillé et il voit.Il sait quelle nourriture convient aux animaux dont il a la charge. Il observe le ciel, les étoiles, le soleil et la lune. Il prévoit le temps, discerne les bruits, entend la brebis égarée, voit venir les loups.
Il apparaît comme un sage dont l'action relève de la contemplation et de la vision intérieure.
" Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur brilla autour d'eux " Luc, (2, 8-9)
" Tout à coup, il y eut avec l'ange une troupe nombreuse d'anges dans le ciel, qui louaient Dieu en disant :
« La gloire est à Dieu dans les cieux très haut,
Et la paix est accordée sur la terre aux hommes qu'il aime » " Luc, (2, 13-14)
.
Dans ce même chapitre 2 de l'évangile de Luc, il est écrit que les bergers passaient la nuit dans les champs pour garder les troupeaux.
Une indication de l'évangéliste qui interroge les exégètes : en effet, au Proche-Orient, les nuits d'hiver sont assez froides pour que les troupeaux ne passent pas la nuit dehors.
Ceci nous renvoie à une question très sujette à controverse, que nous ne développerons pas, celle de la date de la naissance du Christ.

Les bergers, ayant reçu de l'ange l'annonce de la naissance de Jésus, s'en vont à Bethléem.Ils figurent souvent dans les crèches accompagnés par leurs chiens. Celui-ci porte la lourde cape en bure, de couleur brune, des bergers de Provence.
(Crèche de l''église de Cabannes ; Bouches-du-Rhône.)

Berger vêtu à l'antique, jouant de la cornemuse ;
santon du XIXème siècle. 
(Crèche de l'église de Cabannes ; Bouches-du-Rhône.)
Les bergers se prosternent devant l'enfant Jésus.
(Crèche de l'église de Cabannes ; Bouches-du-Rhône ; 27 décembre 2009.)
Santons de terre cuite peints.

Les agneaux, les troupeaux
Depuis toujours symbole de l'innocence, l'agneau est offert en sacrifice par les Hébreux lors de la Pâque.
La religion chrétienne l'adopte comme symbole de Jésus-Christ et de la Passion. Jean-Baptiste déclare, voyant Jésus venir à lui :
" Ecce agnus Dei "
(voici l'agneau de Dieu). Il apparaît dans les catacombes comme symbole du Christ et de son sacrifice.
Il est la figure allégorique de l'innocence, de la patience et de l'humilité.
Léonard de Vinci, dans La Vierge Marie, l'Enfant Jésus et sainte Anne (1510-1513, musée du Louvre), place l'agneau dans les bras de l'enfant Jésus, préfigurant ainsi la Passion.
Des chiens, mais pas de chats dans les crèches traditionnelles

Les bergers, ayant reçu de l'ange l'annonce de la naissance de Jésus, s'en vont à Bethléem. Ils figurent dans les crèches accompagnés par leurs chiens, qui sont porteurs de significations opposées.
Dans l'Antiquité païenne et dans l'Ancien Testament les chiens sont considérés comme des prédateurs :
- Dans une légende grecque, Actéon, chasseur mythique de Thèbes, ayant surpris Artémis nue au bain, fut métamorphosé en cerf par la déesse et dévoré par ses propres chiens. 
- Dans la mythologie grecque encore, Cerbère est le chien à trois têtes gardien des enfers.
Dans l'Ancien Testament, les chiens sont associés aux prostituées et aux idolâtres.
Mais dans l'iconographie chrétienne, le chien est présent dans les représentations de la Nativité. Il accompagne les bergers, le voyage et l'adoration des Rois mages, fidèles compagnons des hommes.
Toutefois, le chien porte une image négative dans certaines représentations de la Cène, où il figure aux pieds de Judas.
Toujours dans la mythologie grecque, la déesse Diane, pour échapper au géant Typhon, se métamorphose en chatte.
Le chat, compagnon préféré des sorcières dans l'imaginaire collectif issu du Moyen Âge, est alors associé au diable. Il est regardé avec suspicion, peut-être à cause de sa faculté de voir dans l'obscurité. Il figure parfois dans la représentation de la Cène, aux pieds de Judas, pour symboliser la trahison, comme le chien.Pour ces raisons, le chat reste traditionnellement exclu de la crèche ; mais les temps changent, et certains santonniers en fabriquent dorénavant.

Le langage symbolique de la flore
La persistance des feuillages en hiver, la présence ou l'absence d'épines, la forme et la couleur des feuillages et des fleurs : tous ces caractères de la flore ont une valeur évocatrice particulière. Nous nous limiterons donc à quelques exemples de végétaux présents dans les crèches provençales.
Le blé, semé le jour de la sainte Barbe, le 4 décembre, figure dans la représentation de la Nativité.L'enfant Jésus repose sur une couche faite d'épis de blé. Les Languedociens sèment aussi des lentilles, la symbolique étant la même. Le blé représente le fruit de la terre, et il apparaît dans de nombreux épisodes de l' Ancien Testament : Caïn l'offre à Dieu, Joseph le voit en songe, Ruth glane dans un champ de blé où Booz la rencontre.
Jésus naît à Bethléem, nom qui signifie " maison du pain " car la bourgade est entourée de champs de blé. L'image du pain et donc du blé est liée à l'eucharistie car les gerbes de blé illustrent le caractère inépuisable du sacrement de l'eucharistie. Lors de la Cène, Jésus bénit le pain et
le vin, corps et sang qu'il offre pour le salut des hommes.
Parmi les arbres, citons le palmier qui accompagne le Christ dans sa vie : selon les évangiles apocryphes, la Sainte Famille, fuyant en

Égypte, s'arrête à l'ombre d'un palmier qui plie ses palmes vers Jésus pour lui offrir ses fruits. D'autre part, lorsque le Christ entre dans Jérusalem, la foule place sous les pas de son âne des manteaux et des palmes Jean, (XII, 13). Le palmier, à cause de la disposition rayonnante de ses palmes, est associé au soleil depuis l'Antiquité.
La branche d'olivier, signe de victoire, symbolise aussi le martyre : sa représentation picturale sur les retables des églises permettait aux fidèles de comprendre qu'elle était l'attribut d'un saint ou d'une sainte. Le rameau d'olivier, quant à lui, signifie la paix dans toutes les civilisations méditerranéennes. La paix qu'annonce le rameau d'olivier dans le bec de la colombe, à la fin du déluge.L'olivier fait aussi référence au mont des Oliviers, où le Christ prie dans un jardin.
Certains pensent que le bois de palmier ou d'olivier a pu être utilisé pour la croix du Christ.
Le laurier, toujours vert, symbolise l'éternité. Autrefois arbre consacré à Apollon et à Jupiter, il devient symbole de Victoire chez les Romains, mais aussi chez les artistes de la Renaissance. Arbre partout présent en Provence, il a donc une place de choix dans la crèche,  où ilsymbolise l'éternité et la victoire de la foi.
Précisons que, parmi les espèces de lauriers présents en Provence (laurier-sauce, laurier rose, laurier des bois, laurier du Portugal,
laurier-tin) le laurier-sauce, au feuillage très décoratif, est préféré pour la crèche. Il accompagne aussi les sauces des recettes de cuisine provençales !

 

 

 

 

La rose de Noël (élébore), helleborus niger, présente dans certaines crèches, occupe une place marginale. Repoussées vers le côté de
la crèche, ses fleurs blanches symbolisent la pureté.
Cette fleur fleurit de novembre à avril et peut s'épanouir sous le manteau blanc de la neige ;
à petite dose, c'est un médicament, mais à forte dose une plante toxique, d'où ses autres noms : herbe aux fous, rose de serpent, pain de couleuvre.

Le chardon, à cause de ses nombreuses épines, possède des significations négatives se rapportant à la douleur, au péché
et à la Passion du Christ. C'est un symbole des peines terrestres endurées par l'homme après son bannissement du Paradis.
Dieu dit à Adam : " le sol produira pour toi épines et chardons " Genèse, (III, 18). Le chardon est présent dans la crèche provençale pour, comme les épis de blé, lier la naissance à la mort du Christ. Il s'oppose alors au laurier, au palmier et à l'olivier, qui sont eux, chargés d'un sens positif.
Le houx a la même signification, renforcée par ses baies rouges, symbole du sang versé lors de la Passion.
Pour les protestants des Pays-Bas, au XVIIème siècle, le travail concourt, avec la religion, à la pleine réalisation de l'homme.
Ainsi, le chardon figure-t-il au premier plan d'un tableau de Franz Hals : Isaak Abrahamsz Massa et Beatrix Van der Lean (1622, Amsterdam, Rijksmuseum).

Chaque détail de la représentation de la Nativité est porteur de sens : les participants, hommes ou animaux ainsi que leurs attributs, les couleurs, les nombres, la végétation... La crèche, installée à des dates variables au cours de l'Avent, est traditionnellement démontée à la Chandeleur.
Et nous dirons en Provençal " a l'an qué ven " (à l'an qui vient), pour une crèche encore plus belle !

Les crèches, les santons...