Plantes et arbres cultivés en Provence

 

 

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Quelques cultures traditionnelles en Provence

   

( Cette page sera complétée au fil des recherches.
Les fiches des cultures répertoriées ne seront pas traitées dans l'ordre alphabétique de la liste.
Celles mises en ligne sont soulignées. )

La trilogie des cultures méditerranéennes et provençales : blé, olivier, vigne

Autres culturesAmandier, Caroubier, Cyprès, Figuier, GrenadierJujubier,
Laurier sauce, Lavande, Néflier, Plaqueminier (Kaki)

La trilogie des cultures méditerranéennes et provençales


C'est dans un paysage totalement modelé par l'homme depuis l'époque archaïque, que se sont développées les cultures traditionnelles méditerranéennes et provençales. Dans ce contexte, la Provence n'est qu'un maillon des régions limitrophes de la Méditerranée.
Ces cultures occupaient, et occupent encore dans certains pays méditerranéens, la plus grande partie des terres arables disponibles.
Souvent, les cultures en terrasses (restanques en Provençal) et les murettes en pierres sèches sans cesse reconstruites, les pierres montées à dos d'âne ou de mulet avant de les ajuster et de les consolider, la terre transportée et accumulée en arrière de ces murettes, ont permis l'extension progressive des cultures de base de l'alimentation des populations vivant dans ces régions.
Que ce soit en Provence, en Ligurie, dans le sud de l'Italie et en Sicile, en Grèce, en Turquie, au Magreb (Maroc, Algérie, Tunisie),
ou dans les autres pays qui bordent la Méditerranée, ces cultures se retrouvent avec quelques variantes au niveau de leur emprise au sol.
Le blé, l'olivier et la vigne étaient des cultures de base dans l'Egypte antique. Les peintures découvertes dans les tombes des Pharaons
et des hauts dignitaires en attestent. 
La Provence et la Tunisie étaient des greniers à blé de Rome. Les vestiges des meuneries de Barbegal (près de Fontvieille),
dont les roues à aubes des moulins étaient actionnées par un aqueduc venant de Saint-Rémy-en-Provence, sont toujours visibles.
Plus proche de nous, au XIXème siècle, les moulins à vent, activés par le Mistral, étaient très utilisés en Provence.
À Fontvielle (près d'Arles), le moulin dont parle Alphonse Daudet dans la nouvelle des Lettres de mon Moulin  intitulée
Le secret de maître Cornille
  est toujours une grande attraction touristique.
En Tunisie, de grands espaces sont encore réservés au blé, de rendement assez faible toutefois à cause de la rudesse du climat.

L'olivier, très résistant, se retrouve dans toutes ces régions bordant la Méditerranée.
Les plaines côtières de l'ouest de la Tunisie, du côté de Sfax, sont couvertes de plantations d'oliviers. En Grèce, les oliviers couvrent aussi de grands espaces et prennent d'assaut les collines côtières. En Crête, les oliviers sont partout. À partir des hauteurs de Delphes et jusqu'à la Méditerranée, s'étale sur des kilomètres, une véritable mer d'oliveraies. En Italie, les oliviers grimpent sur les pentes de la côte ligure.
En France, l'olivier pousse en Provence et sur la côte d'Azur. Après une période de déclin au milieu du XXème siècle, il reprend une importance économique avec les appellations A.O.C. comme les olives de la région niçoise, les olives de Nyons, les olives de la vallée des Baux-en-Provence, qui fournissent  une huile réputée.
Le climat méditerranéen est particulièrement propice à la culture de la vigne, que l'on retrouve un peu partout dans la basse vallée du Rhône (Château-Neuf-du-Pape, Vacqueyras, Gigondas...) où l'on trouve d'excellents rouges ; en Provence maritime, avec les blancs de Cassis et les rosés de Bandol ; mais aussi en Italie, réputée pour ses Chiantis, en Grèce, en Afrique du Nord...
Les Romains élaboraient des vins dont le goût était différent des vins actuels : ils y ajoutaient parfois un peu d'eau de mer,
ou du miel pour obtenir l'hydromel.

Olivier (commun)
Latin : Olea europaea
Provençal : Oùlivo

Famille : Oleaceae
            Oliveraie du côté du Pont-du-Gard (octobre 2002-10h).  Olivier aux alentours de Saint-Rémy-en Provence (juin 2004-16h).

Rameau d'olivier portant des olives (drupes) encore vertes
(début octobre).
Elles deviennent progressivement brûnatres ou bleu noir à maturité
(fin octobre-novembre).

Les feuilles persistantes
sont oblongues-lancéolées,
ont leur face supérieure verte, luisante, recouverte d'un vernis naturel limitant l'évaporation, et leur revers (duveteux) gris argenté.


L'olivier est un arbre qui peut atteindre 12 m de haut. Il est souvent taillé dans les oliveraies, ce qui limite sa hauteur.
Le tronc est souvent noueux, et l'écorce de l'arbre adulte grise et crevassée.
Description et répartition :
L'olivier naturel (ou sauvage) (Latin : olea sylvestris) se trouve dans le bassin méditerranéen, aux Canaries, au Portugal, en Crimée, dans le Caucase et l'ouest de l'Asie. Ses branches sont épineuses, ses feuilles étroites et ses fruits, qui ne fournissent pas d'huile sont petits et d'un goût amer.
L'olivier commun (Latin : olea europaea) se répartit dans tout le bassin méditerranéen. C'est l'un des arbres caractéristiques de la Méditerranée.
Cet arbre, l'un des plus anciens cultivés par l'homme est très résistant aux rudesses du climat et très longévif. Il n'est pas rare que les oliviers soient âgés de plusieurs centaines d'années. Certains sont même millénaires.

Propriétés et usages de l'olive : L'olivier, est l'une des cultures fondamentales des peuples du bassin méditérranéen.
Son fruit, l'olive, est préparé pour sa conservation et son utisation, verte ou noire.
Écrasée et broyée, elle fournit l'huile d'olive. C'est un corps gras très utilisé dans la cuisine méditerranéenne. Elle possède des propriétés bénéfiques pour la santé, notamment sur le plan cardio-vasculaire, par sa teneur en vitamine A, vitamine E et acides gras mono-insaturés (jusqu'à 80% environ), dont l'acide oléique (oméga-9). C'est un produit de consommation courante, mais aujourd'hui, les appellations contrôlées (A.O.C.) correspondent à des terroirs fournissant des huiles de composition et de goût différent, dont les amateurs se délectent. L'olive entre dans la composition de nombreuses préparations.

Quelques recettes de ma grand-mère
- Les olives vertes cassées -   
Utiliser si possible des picholines (olives longues), sinon tout autre olive bien charnue fera l'affaire.

Les olives doivent presque à maturité mais encore vertes, cueillies en début octobre en Provence.

1- Casser les olives en évitant de casser les noyaux. Utiliser une planche de bois pour placer les olives à casser et un petit marteau
ou un ancien fer à repasser pour augmenter le rendement en cassant plusieurs olives à la fois.
Précautions : Se munir de gants pour éviter de se noircir les doigts et d'un tablier à cause des projections d'huile.
Les placer au fur et à mesure  dans un égouttoir.
2- Mettre les olives à tremper dans de l'eau en changeant l'eau tous les jours, durant 12 jours.
Ceci permet de les adoucir en enlevant une grande partie de leur amertume naturelle.
3- Faire bouillir de l'eau pour préparer la saumure, puis laisser refroidir avant d'ajouter le sel.
Dosage : 85 à 90 grammes de sel de cuisine par litre d'eau.
Précaution : utiliser de préférence de l'eau de source ou de l'eau minérale de goût neutre.
4- Remplir les bocaux (de confiture par exemple) avec les olives cassées, ajouter un brin de fenouil sec et deux feuilles de laurier séchées,
puis remplir de saumure à raz-bord avant de fermer le bocal avec son couvercle.
Les olives seront prêtes à consommer d'ici 10 jours environ, et durant des mois.
Remarques :
          - Le fait d'utiliser des bocaux permet de les ouvrir pour les déguster au fur et à mesure des besoins.
          - Il est possible qu'un peu de moisissure se forme à la surface du liquide. Il suffit de l'enlever, c'est de la "bonne moisissure".
- La tapenade - 
La tapenade (en Provençal : tapéno) est un condiment très utilisé en Provence.
En voici une recette : Prendre 500 grammes de pulpe d'olives noires ; de préférence des olives achetées en vrac, que l'on dénoyautera,
car elles sont plus goûteuses et suivant leur provenance, leur arôme est différent. Les piler au mortier avec 50 grammes de filets d'anchois à l'huile d'olive, 50 grammes de thon en boite à l'huile d'olive, 50 grammes de câpres (en Provençal, le câpre se nomme tapeno, d'où le terme tapenade pour cette composition), 1 à 4 gousses d'ail et une pincée d'herbes de Provence (thym, serpolet...).
Lorsque le tout est bien broyé, mixer en incorporant progressivement de l'huile d'olive. Verser ensuite dans un récipient et ajouter,
si nécessaire, encore un peu d'huile d'olive tout en remuant avec un fouet, de façon à obtenir une pâte onctueuse. Servir froid.
Remarques : - Pas de sel ni de poivre.
                   - La quantité d'ail et d'huile peut varier suivant le goût de la cuisinière ou du cuisinier. 
                   - Conserver éventuellement dans un bocal fermé avant dégustation pour éviter l'oxydation.


Symbolique :
L'olivier est un arbre d'une très grande richesse symbolique.
En Grèce, il était consacré à Athéna. Antique déesse de la mer Égée, elle s'est élevée à une place dominante dans le panthéon grec.
Déesse de la fécondité et de la sagesse, vierge, protectrice des enfants, mais aussi guerrière, inspiratrice des arts et de la paix.
L'olivier était un arbre sacré et quiconque endommageait un olivier était lourdement puni.
Cette croyance est restée bien vivace dans la mémoire populaire au cours des siècles, et Marcel Pagnol la fait ressurgir dans son roman 
Manon des Sources
:
" L'arrachage des oliviers vint ensuite.

Ils étaient plusieurs fois centenaires, et leurs racines formaient des blocs énormes.
Avec un pic, la hache, et le palan, il fallut cinq semaines pour en venir à bout, et combler les cratères qui avaient trois ou quatre mètres de diamètre.
Tout en faisant ce travail, Ugolin avait mauvaise conscience. Pour obtenir le pardon de ce crime, il offrit vingt petits cierges à saint Dominique,
et promit de soigner dévotement les quatre arbres qu'il avait épargnés."
(L'eau des collines - tome II - Manon des sources - chapitre I.)-

Est-ce seulement par désespoir d'amour envers Manon, où la punition pour avoir déraciné et détruit des arbres sacrés ; sans doute des deux, car Ugolin rongé par les remords pour voir provoqué la mort de Jean de Florette (le bossu) en détournant la source, finit par se pendre à une branche de l'un des quatre grands oliviers qu'il avait épargnés :
"L'après-midi de ce dimanche fut lugubre."
..." On parlait du bossu de Florette, de l'avidité des Soubeyran, de la sécheresse qui s'aggravait tous les jours, de Cabridan qui préparait son déménagement, et le vieux Médéric annonçait son intention, si l'eau ne revenait pas, de se retirer en ville,
c'est à dire à Roquevaire, où il pouvait avoir une place de gardien dans une villa solitaire."

..." ' M'sieur (l'instituteur), dit-il, le Papet m'a dit de vous dire qu'il voulait vous voir, et aussi M. le maire, et aussi M. Loiseau.
Il a dit que ça vous ferai bien plaisir.' "
..."Ils le trouvèrent assis sur le seuil de la ferme, et il fumait sa pipe, comme l'avait dit le petit garçon. Il les laissa venir à lui sans dire un mot, puis il leva vers eux un visage blanc, un regard farouche, et montra du doigt quelque chose derrière eux...
À travers les rameaux plongeants du grand olivier, au-dessus d'une échelle tombée dans l'herbe, Ugolin tournait lentement sur
lui-même, au bout d'une corde. Il s'était accroché à l'anneau de la balançoire."

(L'eau des collines - tome II - Manon des sources - chapitre 27.)
 

À Rome, il était consacré à Jupiter (identifié au Zeus grec)et à Minerve (identifiée à l'Athéna grecque).

Selon une légende chinoise, le bois d'olivier neutraliserait certains poisons et venins.
Au Japon, c'est l'arbre de la victoire. Il symbolise l'amabilité, ainsi que le succès dans les études, les entreprises civiles et guerrières.
Dans les traditions juives et chrétiennes, l'olivier symbolise la paix : c'est un rameau d'olivier que la colombe apporte à Noé à la fin du déluge. 
Pour la religion islamique, l'olivier est l'arbre central, l'axe du monde, la source de lumière ; il est le symbole de l'Homme universel et du Prophète.

    Autres cultures :
Amandier, Caroubier, Cyprès, Figuier, GrenadierJujubier, Lavande Néflier, Plaquemier (Kaki)

Amandier
Latin : Amandula
Provençal : Amélié
Famille : Rosacea
La campagne aux alentours de Castillon-du-Gard (mars 2002).
Les amandiers sont les premiers de tous les arbres fruitiers à fleurir dès la fin février à fin mars suivant les lieux.
              Amandier en fleurs,
       Castillon-du-Gard (mars 2002).

 L'été avance, le feuillage s'est épaissi, les amandes sont encore vertes (juillet 2002).  
                       Elles arriveront à maturité en octobre-novembre.                  

L'Amandier se présente comme un arbre à feuilles caduques, de 6 à 10 mètres de haut.
                 Les feuilles caduques sont alternes, oblongues, de 5 à 8 cm de long. Les fruits (les amandes), sont protégés par une coque ligneuse recouverte d'une gaine veloutée d'un vert-gris.
Répartition : Arbre originaire du Proche-Orient et d'Asie occidentale, il a été implanté dans le bassin méditerranéen depuis la Haute - Antiquité, comme arbre fruitier et ornemental. Il est connu en Perse, connu en Grèce depuis le Vème siècle av. J.-C., puis plus tard des Romains qui le cultivaient en Afrique du nord.
Variétés et propriétés : L'amande douce, comestible, est utilisée en pâtisserie, surtout pour préparer de la pâte d'amande.
                Elle est aussi utilisée en pharmacie, dans la fabrication des savons, sous forme d'huile essentielle et de lait.
                L'amande amère contient une substance toxique. L'huile essentielle d'amande amère ( Prunus amygdalus ) contient du Benzaldéhyde et de l'acide prussique (acide cyanhydrique) qui est un poison violent.
Ses propriétés médicinales et sa toxicité étaient bien connues des anciens. Ils l'utilisaient à faibles doses comme vermifuge et pour traiter certaines fièvres.
                Actuellement, on élimine l'acide prussique avant utilisation.
               Elle est utilisée en médecine pour ses vertus thérapeutiques (anesthésique, antispasmodique...) et pour des usages culinaires (pâtisseries, frangipanes...), mais en petites quantités.
Quelques  spécialités provençales aux amandes :
               Les calissons d'Aix
(Aix-en-Provence) ont une forme ovoïde. Ils sont composés de 40% d'amandes douces broyées
               (pâte d'amande), de melons confits et de sirop de fruits (60%). Le tout recouvert d'une glaçure de sucre. Un régal !
               La marque a été déposée en 1993 et les artisans d'Aix en produisent 400 tonnes par an.
               Le nougat de Montélimar
est un nougat blanc et moelleux don't la pâte est constituée de miel, de sucre et de fruits confits. Il contient 30% d'amandes douces mélangées à des pistaches.
               Le nougat d'Allauch ( blanc ou noir ) ( Allauch : village haut perché dominant Marseille et jouxtant La Treille), est réalisé
               avec du miel de lavande. Il fait partie des treize desserts traditionnels de Noël
Symbolique : L'amandier, qui est le premier arbre fruitier à fleurir, dès le mois de février, en Provence, annonce le renouveau de la  nature et sa floraison est le signe avant-coureur du printemps. Il symbolise la fragilité, car ses fleurs, ouvertes les premières,
               sont très sensibles aux dernières gelées.
               Dans certaines religions, il est le symbole d'une vie nouvelle. 
               Son fruit, l'amande, bien protégé par sa coquille, est le symbole de la virginité.
Dans l'ornementation médiévale, l'amande (ou mandorle) auréole les figures de la Vierge ou du Christ en majesté, symbole de la lumière céleste. 

Figuier
Latin : Ficus carica
Famille : Moraceae

Traiter du figuier est délicat, tant cet arbre est présent dans le monde méditerranéen sous de nombreuses variétés, sauvages ou cultivées.
Aussi, commençons par présenter une variété peu connue, plutôt sauvage que cultivée, mais produisant la meilleure figue du monde :
il s'agit de la " figue marseillaise ".
Non, ce n'est pas une vulgaire " blague ", mais une réalité.
La figue marseillaise est une petite figue, qui, au mois d'octobre, lorsqu'elle arrive à maturité, devient d'un jaune pâle très délicat, avec de légères craquelures sur la peau. C'est à ce moment qu'il faut la cueillir pour la déguster, juteuse à souhait, embaumant le palais d'un léger gout de miel. Mais, il est quasi impossible de la trouver aux étalages.
Il faut le découvrir dans un vieux jardin, ou sur une restanque abandonnée, ce véritable figuier marseillais.
(Figuier et figues marseillaises dans un jardin aubagnais - oct. 2009 -
Ci-dessous, la photo de gauche montre une figue à parfaite maturité ;
la photo de droite montre trois étapes successives.)

Le figuier se présente comme un arbre fortement ramifié, pouvant atteindre 10 mètres de haut. Son tronc noueux et ses branches ont une écorce gris clair. Le bois est tendre. Le figuier sauvage conserve de nombreux surgeons partant du sol, alors que le figuier cultivé a été taillé de façon à ne conserver qu'un tronc principal.
Les feuilles alternes (bien visibles sur les photos) sont très larges (en forme d'oreille d'éléphant), comportant en général de trois à cinq lobes
très marqués ; le pétiole est long. 
Les fleurs sont minuscules et peu visibles.
Figuier sauvage et figuier de culture :
Le figuier, arbre cultivé depuis des millénaires, se trouve sous deux formes : sauvage ou cultivée.
Les inflorescences des figuiers sauvages comportent des fleurs mâles à style long et des fleurs femelles à style court.
Les figuiers de culture ne portent que des fleurs femelles à style long.
Fleurs mâles et fleurs femelles :
Il se pose donc un problème pour les figuiers de culture au niveau de la fertilisation.
La fertilisation des fleurs femelles des figuiers de culture est provoquée par la mouche du figuier (Baspophaga psenes) dont les larves se développent dans les fleurs des figuiers sauvages. En quittant les fleurs, après éclosion, les mouches transportent du pollen dans leurs poils
et contribuent à la fertilisation des fleurs femelles des figuiers cultivés. Il est donc préférable que des figuiers sauvages voisinent des figuiers de culture, surtout si l'on veut obtenir des figues contenant des graines. Le vent évidemment fait aussi son œuvre. Dans l'antiquité, les paysans attachaient des ramures en fleurs de figuiers sauvages dans les figuiers de culture pour aider à la pollinisation.
Toutefois, les fruits des figuiers de culture, issus des fleurs femelles, peuvent aussi se développer sans pollinisation. Ils ne contiennent alors
pas de graines. 
Les fruits (figues) sont l'inflorescence devenue grosse et charnue à maturité. Les figues qui apparaissent au printemps, les meilleures arrivent à maturité vers septembre octobre.
Origine et répartition :
Origine probable : Asie occidentale. Répartition : surtout dans le Bassin méditerranéen.
En Provence, le figuier n'est pas vraiment cultivé, mais il s'en trouve un peu partout, dans les jardins et près des fermes. C'est un arbre qui aime beaucoup l'eau. Il peut être magnifique et plusieurs fois centenaire si ses racines sont dans une terre humide. C'est pour cela qu'il se trouve souvent près d'un puits.
Symbolique :
Comme l'olivier et la vigne, le figuier symbolise l'abondance.
Le figuier symbolise aussi la science religieuse. Il possédait en Égypte un sens initiatique.

On retrouve ce symbolisme dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
En Asie, c'est l'arbre du monde qui joint la terre au ciel. C'est un symbole de puissance et de vie.
Pour le Bouddhisme, il représente l'axe du Monde.

Grenadier
Latin : Punica granatum
Provençal : Mióu-granié
Famille : Punicacées ; Latin : Punicaceae

  Grenadier dans un jardin,
(Aubagne, samedi 10 octobre 2009 ).

Le Grenadier est un arbuste persistant ( ou petit arbre ) qui peut atteindre 3 à 5 mètres de haut. Il est très ramifié et parfois épineux.
Ses feuilles, opposées, se présentent en touffes sur les ramures. De formes ovales - lancéolées, leur longueur est de l'ordre de 3 à 8 cm.
Ses fleurs généralement solitaires partent de l'aisselle des feuilles aux extrémiés des touffes. De couleur orangée ou rouge-corail, elles ressemblent à de petites trompes portant de 5 à 8 sépales.

Les fruits ( grenades ) sont de grosses baies à peu près sphériques qui atteignent
10 à 12 cm de diamètre à maturité. Leur enveloppe est coriace. Ils contiennent de nombreuses graines enveloppées d'une pulpe rouge délicatement sucrée et parfumée.
Les fruits arrivent à maturité en octobre - novembre. Ils se dégustent frais, ou transformés en boissons en écrasant la pulpe. On en fait du sirop, le fameux sirop de grenadine. Le tanins de la pulpe sont utilisés en médecine, et leurs pigments servent
à la coloration des tapis d'Orient.

Répartition : Plante originaire d'Inde et d'Iran, elle a été naturalisée depuis très longtemps dans le bassin méditerranéen.
Habitat : Cultivé comme arbre fruitier, il est aussi utilisé à titre ornemental.
Symbolisme : Symbole de fécondité, de postérité nombreuse, la grenade est un attibut d'Héra et d'Aphrodite dans la Grèce antique.
Chez les Romains, la coiffe des mariées était faite de branches de grenadier. De l'Orient jusqu'en Chine, elle symbolise aussi la vitalité et la fertilité à cause des nombreuses graines que contient ce fruit.
La mystique chrétienne transpose au plan spirituel ce symbolisme de la fécondité. Saint Jean de Lacroix fait des pépins de grenade le symbole de la perfection divine par ses innombrables effets.

Jujubier commun (Dattier de Chine)
Latin : Ziziphus jujuba
Famille : Rhamnaceae

Jujubier dans un jardin - Aubagne - octobre 2009.
Le jujubier est un arbre (ou arbute fruitier) qui peut atteindre 8 à 9 mètres de haut. Il porte des rameaux épineux, avec de petites épines recourbées.
Les feuilles alternes, de deux à 5 cm de long, sont disposées selon deux rangées de part et d'autre de la tige qui les supporte.
Les petites fleurs, en général hermaphrodites, sont jaunes et apparaissent en avril-mai à l'aisselle des feuilles.
Les fruits (jujubes) sont des drupes ovoïdes de 1 ,5 à 2,5 cm de long, de couleur jaune, puis brune à maturité (comme sur la photographie).
Il faut les déguster, craquant dans la bouche, lorsque leur chair est encore ferme.
On en trouve encore parfois dans la région provençale et de la Côte d'Azur, en octobre, chez les commerçants spécialisés en fruits et légumes.
En Provence, les jujubier sont maintenant rares. Ils étaient pourtant cultivés et très appréciés jusqu'au milieu du XXème siècle.
Répartition : Sud et sud-est de l'Europe, ouest de l'Asie, Syrie, nord-ouest de l'Inde, Japon, nord de la Chine.

Lavande
Latin : Lavandula
Famille : Lamiacées ou Labiées ; Latin : Lamiaceae ou Labiateae

           Lavandula augustifolia
C'est la lavande fine, ou lavande vraie, ou lavande à feuilles étroites.
Ses tiges ne sont pas ramifiées et les épis floraux, d'un mauve- violacé, se trouvent à l'extrémité de chaque tige. Les feuilles sont fines et allongées(3 à 6 cm de long), de couleur gris-vert. Elle pousse naturellement en altitude, entre 500 et 2000 mètres, sur des sols calcaires.
On la trouve en Haute-Provence.
La plante est très rustique et supporte de basses températures, jusqu'à - 25°C.  
C'est l'espèce la plus parfumée, qui permet d'obtenir l'huile essentielle la plus subtile.

                 Lavandula latifolia
Elle est appelée aspic, ou lavande à feuilles larges. Ses feuilles sont elliptiques, plus larges que celles de la lavande fine. Les hampes florales sont ramifiées. Les épis floraux sont plus clairs et plus bleutés que ceux de la lavande fine. Leur odeur est plus forte, mais moins subtile et agréable.
On la trouve en Provence sur des sols calcaires, entre 100 et 500 mètres d'altitude, ou elle pousse par petites touffes.
Cette espèce n'est pas cultivée car c'est une variété médiocre de lavande, mais conserve toutefois une grande importance. En effet, son croisement naturel entre lavande fine et aspic a donné le lavandin.
            Lavandula X intermedia
C'est le lavandin, espèce la plus rencontrée dans les jardins et cultivée car elle fournie un  
très bon rendement en huiles essentielles.
La variété lavandula X intermédia Grosso
qui est la plus cultivée, donne de très grosses touffes compactes. Les hampes florales sont ramifiées et les épis floraux volumineux, de couleur bleu-violet.
Cet hybride naturel a été découvert par hasard et cultivé à partir des années 1930.
Il existe de nombreuses autres variétés ornementales du lavandin, comme le lavandin abrial, le lavandin super.

Champ de lavandin dans le val de Sault. La région de Sault est entièrement vouée à la culture de la lavande.
Au printemps, et durant toute la durée de la floraison avant la récolte qui s'effectue entre fin juin et août, le spectacle est grandiose.

     Les touffes des pieds de lavandin
    sont très fournies, les épis bien gros
             et les fleurs bleu-violet.
Les abeilles, comme celle qui se trouve accrochée à l'épis central de cette photo, 
adorent butiner les fleurs de lavandes.
Elles produisent un miel de lavande réputé.
Ce sont les abeilles en particulier qui, en butinant de plante en plante permettent la pollinisation, donc la reproduction des plantes à fleurs.
Leur action est fondamentale. Malheureusement, trop souvent, l'utilisation de produits insecticides tue ces abeilles. Un sursaut de conscience pour le respect de l'environnement devient absolument nécessaire.
Remarque : L'abeille qui butine sur la lavande de la photo, et celles qui se trouvaient tout autour, avaient l'air de bien se porter. Ce qui montre que ce champ n'était pas contaminé par les produits chimiques. 

                                                                                                         Lavandula augustifolia
                                                             
                                   Français : Lavande fine ou lavande vraie
À l'état naturel, elle pousse surtout en Provence, sa région d'origine, entre 500 et 2000 mètres d'altitude. Chaque pied de lavande se présente comme un petit buisson pouvant atteindre 1 mètre de haut. Floraison en avril-mai. C'est la meilleure des lavandes pour les qualités de son huile essentielle. Cette huile est utilisée pour la fabrication des parfums haut de gamme. Ses propriétés font qu'elle est aussi cultivée en Provence bien sûr, mais aussi dans des régions plus septentrionales car il existe des cultivars (variétés cultivées) adaptés à d'autres climats. Seule l'huile essentielle extraite de cette lavande dans une zone bien déterminée de Haute-Provence bénéficie du label A.O.C. (Appellation d'Origine Contrôlée) "Huile essentielle de lavande de Haute-Provence". Il y a actuellement environ 4000 hectares cultivées.
La récolte se fait encore à la main, avec une faucille, entre juillet et septembre, lorsque les fleurs sont bien épanouie et concentrent un maximum d'essence.

                                                                                                                Lavandula  latifolia
                                                                                                        
Français : lavande aspic (ou aspic)
Cette espèce pousse dans les régions calcaires entre 100 et 500 mètres d'altitude. Les pieds se présentent sous forme de petites touffes.
La floraison se fait entre juin et août. L'odeur qu'elle dégage est un camphrée.
Beaucoup moins appréciée en parfumerie, elle reste peu cultivée.
Toutefois son hybridation avec la lavande fine permet d'obtenir des variétés de lavandin.

                                                                                                             Lavandula intermédia
                                                                                                       (ou Lavandula X intermédia)
                                                                           
                                      Français : Lavandin
C'est la troisième des lavandes provençales dont il existe de nombreuses variétés. Les variétés Lavandin Grosso (80% de la production),
Lavandin Abrial (10%) et Lavandin Super (10%) sont actuellement les plus cultivées en Haut-Provence, sur des surfaces qui approchent
les 20 000 hectares.
Les épis et les fleurs étant plus gros, le rendement est plus important. Ses fleurs plus grandes produisent environ 2 kg d'huile essentielle (essence de lavande) pour 100 kg fleurs, soit deux à cinq fois plus que la lande fine. C'est l'espèce actuellement la plus cultivée.
Comme son huile essentielle a de moins bonnes qualités olfactives que la lavande fine, elle est utilisée à des fins de parfumerie industrielle.
La récolte du lavandin est maintenant entièrement mécanisée et se déroule aussi entre juillet et septembre.
Remarque : Elle est maintenant fortement concurrencée par les parfums synthétiques.

                                                                                                    La production d'huile essentielle
Procédé de distillation :
Durant longtemps, l'huile essentielle était préparée par distillation : les fleurs broyées sont mélangées à de l'eau dans un distillateur,
en général en cuivre (anciennement alambic). Le tout est porté à ébullition. Les vapeurs qui se dégagent sont un mélange de vapeur d'eau et d'essence.
Le distillat récupéré après condensation (refroidissement de la vapeur qui provoque son passage de l'état gazeux à l'état liquide),
est décanté. Comme l'essence n'est pas miscible avec l'eau et moins dense que cette dernière, elle surnage.
Le récipient est ensuite vidé progressivement par le bas ; l'eau est tout d'abord éliminée, puis l'essence est récupérée.
Procédé d'entraînement à la vapeur :
L'obtention de l'huile essentielle s'effectue depuis les années 1940 par le procédé dit de "l'entraînement à la vapeur d'eau".

De la vapeur d'eau est produite, puis envoyée dans un récipient fermé où les fleurs, préalablement broyées, ont été placées.
La vapeur, en les traversant, entraîne les molécules d'essence de lavande. Ce mélange de vapeurs est alors condensé dans un serpentin.
Le liquide obtenu est ensuite récupéré et décanté. Ce procédé, est basé sur le même principe que la distillation, mais il permet un meilleur rendement.

Composition et propriétés médicinales  de l'huile essentielle (ou essence de lavande) :
Les essences des différentes espèces de lavandes comportent des composants différents, mais on y trouve en général :de l'acétate de linalyle,
du linalol, du géraniol, du cinéol de la coumarine, de l'éthylaminocétone...

Elles possèdent des propriétés antiseptiques, bactéricides, calmantes, antispasmodiques, antirhumatismales...

Néflier (Néflier du Japon)
Latin :Ériobotrya Japonica
Famille : Rosaceae


Le néflier est un arbre fruitier à feuilles persistantes de 3 à 7 mètres de haut.
Les feuilles alternes, ovales allongées, longues de 15 à 25 cm, ont leur face supérieure luisante à cause d'un vernis, donc adaptées à la sécheresse et leur face inférieure pubescente. Elles sont groupées aux extrémités des rameaux.
Les bourgeons jaunâtres sont groupés au centre des bouquets de feuilles (voir la photo ci-dessous).
Les fleurs blanches ou jaunes, apparaissent en septembre - octobre.
Les fruits ressemblent à des prunes. La peau est ferme, de couleur jaune clair à orangé. Leur chair est ferme et ils contiennent de deux à 5 grosses graines. Ils arrivent à maturité au début du printemps ;
leur chair est juteuse, légèrement acide, mais douce. Ils peuvent être consommés crus, en salade de fruits, en compote ou confiture.
Origine et répartition :
Le néflier du Japon est, comme son nom l'indique, originaire du sud du Japon et de la Chine. Il est aussi cultivé en Inde, en Thaïlande, dans tous les pays méditerranéens, en Californie, Floride et en Amérique du sud.
En France, il se trouve en zone méditerranéenne côtière, donc en Provence maritime.
Néflier à Bandol (Var) - octobre 2009.

Plaqueminier (Kaki)
Latin : Diospyros kaki
Famille : Ebenaceae


Un plaqueminier couvert de fruits mûrs (kakis).
(Avignon, novembre 2008.)
En Provence, il orne parfois encore le jardin d'une maison ancienne.

Les fruits du plaqueminier sont des baies rappelant la tomate ronde. Leur peau est lisse et luisante. À maturité, ils prennent une belle coloration rouge-orangée. Ils sont alors juteux et sucrés. Sa pulpe est plutôt gélatineuse. On en trouve souvent sur les marchés de Provence, courant novembre. Il peut être consommé cru, en salade de fruits, en compote ou confiture.

 

 

Plaqueminier portant encore ses feuilles et dont les fruits,
les kakis, commencent à mûrir.
(Photos prises dans un jardin d'Aubagne,
le samedi 10 octobre 2009.)

Le plaqueminier est un arbre à feuilles caduques qui peut atteindre 7 à 8 mètres de haut. Le tronc supporte une ramure très fournie, d'autant que dans nos régions, il n'est pas ou rarement taillé.
Répartition : Originaire du Japon, il se retrouve maintenant dans les pays tropicaux. Il est cultivé dans le bassin méditerranéen, en Italie,
en Espagne et dans le sud de la France (Provence, Côte-d'Azur...).
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Plantes et arbres cultivés
en Provence