Daniel Scaturro
(Meilleur ouvrier de France)

 

 

 

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" Santonniers d'Aubagne "

 


Daniel Scaturro est né à Aubagne en 1954.
Imprégné dès son plus jeune âge par cette tradition provençale, ayant acquis tout l'art du métier, et présentant des dispositions artistiques, il décide en octobre 1975, de réaliser sa passion en créant à Aubagne, avec Chantal son épouse,
une entreprise portant son nom.
Depuis plus de 30 ans, Daniel Scaturro, s'attache à suivre la voie des grands santonniers et santonnières de Provence.
Il a développé, à côté d'une gamme fournie de santons traditionnels, une production de santons personnalisés, et comme nous sommes à Aubagne, les santons représentant les personnages des films de Marcel Pagnol.
Il a reçu le titre de " Meilleur ouvrier de France " en 1997.

Site sur lequel sont disponibles toutes les informations relatives à l'Atelier Daniel Scaturro :
    
  http://www.santonsdanielscaturro.com

   
Daniel Scaturro nous explique ce qu'est le métier de santonnier,
puis en commentant les différentes étapes de la création d'un santon,
il nous ouvre la porte de ce monde merveilleux ; 
il nous montre ensuite quelques santons de sa production.

  Le métier de santonnier
Les productions de l'Atelier Daniel Scaturro

"Le premier métier du santonnier consiste à réaliser des santons de la Nativité, c'est à dire l'enfant Jésus, la Vierge, Joseph, l'âne,
le bœuf, les rois mages. Ce qui  caractérise la crèche provençale, c'est que les personnages soient habillés en Provençaux du XIXème siècle, avec tous ces vieux métiers et tous les gens qui étaient là et qui emmenaient leur offrande à l'enfant Jésus lors de sa naissance.
Après, il y a le santon un peu plus moderne. Justement, dans l'atelier Scaturro, nous nous sommes bien spécialisés dans les ressemblances, ressemblances personnelles, donc des personnes qui viennent nous demander de faire leur santon pour les cinquante ans d'anniversaire des parents, ou pour d'autres fêtes.
Et puis aussi, une grande spécialité, c'est de réaliser des personnages de Marcel Pagnol, puisque Marcel Pagnol est né à Aubagne, qu'il y a les collines de Marcel Pagnol avec le Garlaban. Énormément de films ont été tournés dans les collines et à Aubagne même. Donc, l'Atelier Scaturro a réalisé la plupart des santons
(des personnages) de Marcel Pagnol et en a fait une grande spécialité. "

Remarque :
Pour écouter les fichiers audio qui suivent, il faut utiliser  le "navigateur" Internet Explorer
pour ouvrir le Site (voir page : "Home").

Le métier de santonnier.
Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 1 min 21 s.
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player. 

   
      

    Les différentes sortes de santons
" Il y a différentes sortes de santons. Tout d'abord le santon habillé ; celui que nous voyons sur la photo, c'est mon beau-père ; il y a une ressemblance. Pour le santon habillé, vous avez la tête, les deux mains, les deux pieds, puis on y fait un corps et il faut l'habiller en tissus.
Et après, vous avez le santon peint, traditionnel, qui est entièrement en argile, dont les habits sont en argile aussi, et peints."

Daniel Scaturro nous présente le buste de son beau-père (qu'il tient dans sa main) juste sorti du moule (estampage) et ébarbé.
Sur l'établi, la photo qui a servi de modèle etles santons finis (ici habillés) de son beau-père et de sa belle-mère.

Les différentes sortes de santons.
Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 31 s. 
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player. 

(1) Le modèle est réalisé en argile crue, puis séché.
(2) Les moules sont réalisés en plâtre.

                            La création du modèle et du moule
" La première opération consiste à créer un premier modèle  (1). Pour réaliser un modèle, je me sers de photos que je prends à des personnes de nos amis ou des personnes célèbres comme pour les films de Marcel Pagnol. Là, sur les photos, vous aurez mon beau-père et ma belle-mère. D'après les photos de la famille, j'ai réalisé le premier sujet ; c'est très contraignant puisqu'il faut que ça ressemble et il faut toujours aller un peu plus loin que ce que l'on voit, c'est à dire qu'il faut donner une âme au santon, parce qu'un santon sans âme, ce n'est pas beau : on n'arrive pas à transmettre la vie si l'âme n'est pas là.
Quand j'ai fini mon modèle, il faut réaliser le premier moule, le moule mère (
2). C'est pour la partie santon qui va être fait en petite série. Bien souvent je réalise aussi des pièces uniques, mais avec un moule qui sera cassé ultérieurement. Pourquoi faire un moule pour une pièce unique ? Parce qu'un santon peut se casser au four. Suivant le temps de cuisson, il suffit d'une imperfection dans le modelage de la terre, qu'il se crée une bulle d'air et ça peut exploser au four. Donc je réalise toujours un moule en sécurité, mais après, le moule, je ne m'en sers pas ou je le casse."

La création du modèle et du moule.
 Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 1 min 36 s.
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player. 

                                                                     L'estampage et la sortie du moule
" La deuxième opération consiste en l'estampage. L'estampage est une opération de moulage d'un santon. Il faut prendre un bout d'argile (longuement pétrie au préalable). On la roule en boudin entre ses mains, et ce boudin, nous allons le mettre à l'intérieur du moule.
Le moule comporte deux, trois ou quatre parties selon la difficulté et la finesse du travail. Il faut bien écraser l'argile au fond du moule avec son pouce,
et quand les deux parties sont faites, on les réunit et on écrase, avec toute sa force pour que les deux ou trois parties du moule se fixent bien.
Et après il faut sortir le santon. Il faut ouvrir le moule, prendre un ustensile, un couteau ou un petit ébauchoir que l'on se fabrique,
le rentrer dans le santon et le sortir délicatement."

 

 

L'estampage
(photo de gauche).

 

 

 

 

La sortie du moule
(photo de droite).

L'estampage et la sortie du moule.
 Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 59 s.
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player.

                   
                      
 L'ébarbage et la finition du santon d'argile
" À la sortie du moule, le santon est plein de bavures, il faut enlever toutes ces bavures. Ces bavures, ce sont des  petites couches d'argile qui se forment au niveau de la séparation des deux parties du moule.
Il faut les enlever avec un ébauchoir. On les enlève délicatement, et quand toutes ces bavures seront enlevées, il faut refaire les cheveux, reprendre un peu les rides, il faut refaire les narines... Et c'est ça qui va faire que la finition du santon va être parfaite ou non. C'est une partie très importante pour le santonnier, et un beau santon se voit, déjà quand le premier modèle est bien fait et quand après il est bien retouché à la sortie du moule."

L'ébarbage et la finition du santon d'argile.
  Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 53 s.
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player.

Le séchage, la finition et la peinture
" Quand le santon est fini, est très bien terminé, il faut le faire sécher. Ça peut prendre plusieurs jours si le temps est un peu humide et puis l'été ça va beaucoup plus vite, donc il faut faire attention de ne pas le faire sécher trop vite. Quand le santon est bien sec, il faut le cuire. Nous avons des fours qui montent... pour une cuisson, ça varie entre 980°C et on va dire 1080°C, et pour les argiles comme le grès, ça peut monter à 1200°C.
1200°C, c'est vraiment pour faire des finitions très fines du santon. Quand le santon est cuit, il faut le faire refroidir, et quand il est froid,
il faut le peindre. Selon les santonniers, nous utilisons des peintures, soit gouache, soit acrylique, soit huile. On peut utiliser aussi des encres ou des pigments naturels. C'est peint toujours de la même façon. "

 Le séchage, la finition et la peinture.
 Enregistrement de Daniel Scaturro.
Fichier audio MP3 ; durée : 1 min.
Lecture avec le logiciel : Windows Média Player.

Quelques santons en terre cuite habillés de l'Atelier Daniel Scaturro
La poissonnière (hauteur 28 cm). Le pêcheur, insèparable de son amie la poissonnière
(hauteur 28 cm).

Quelques santons en terre cuite peints de l'Atelier Daniel Scaturro
(santons de hauteur 7 cm)

Margarido sur son âne se dirige vers l'étable où est né l'enfant Jésus.
 (Il s'agit ici de la Margarido de la pastorale Maurel.) 

Cette femme de la campagne, cette porteuse d'offrandes qui conduit son âne d'une main, et tient de l'autre un panier d'osier recouvert
d'un torchon, est intéressante par son costume : tablier rouge, fichu à fond jaune genêt imprimé de fleurettes rouges, jupe et corsage vert
à semis de couleurs rouge et jaune. Elle est donc vêtue d'indiennes, ces cotonnades peintes, aux couleurs chatoyantes et aux motifs floraux, très en vogue au XIXème siècle. (La tradition se perpétue ainsi.) 

La cape du berger est soulevée par le vent et il tient son chapeau par précaution.
La transposition de la crèche en Provence est ici évidente
car ce vent ne peut être que le Mistral.
Le paysan endimanché
est lui aussi lourdement chargé de présents.
La bohémienne porte son enfant sur son dos.
Elle est accompagné par sa chèvre.
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