Alphonse Daudet (1840 - 1897)

 

 

 

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Le château de Montauban (à Fontvieille)
Alphonse Daudet et Frédéric Mistral
Alphonse Daudet et Julia Allard-Daudet
(Photographies et documents)

 


    Événements littéraires, artistiques                     contemporains
          Événements politiques

 

 

 


1840
- Honoré de Balzac : Pierre Grassou  ; Victor Hugo : Les Rayons  et les Ombres  ;
Alfred de Musset : Poésies Complètes.

1840 - Louis - Philippe est roi des Français.

1848 - Émeutes  populaires (février et juin).
En février : abdication de Louis - Philippe et proclamation
de la IIe République.
1851 - (2 déc.) Coup d'état de
Louis - Napoléon Bonaparte.
1852 - (2 déc.) Proclamation du Second Empire.


1854 - Courbet : L'Atelier.
1854 - Morny devient président du Corps Législatif.

1855 - Louis Hachette fonde la bibliothèque des gares.
1855 - Guerre de Crimée : siège et prise de Sébastopol.

1857 -  Baudelaire : Les  Fleurs du Mal ; Gustave Flaubert : Madame Bovary.

 

 

1859 -  Frédéric Mistral : Mireille ;
Victor Hugo :
La Légende des
Siècles  (première série).


1860 -  Millet : L'Angélus.
;
Carjat fonde son atelier de photographie à Paris.

 

1861 -  Wagner : représentation de Tannhauser à Paris ;
Charles Dickens  : Les Grandes Espérances.

1862 -  Michelet : La Sorcière ; Charles Baudelaire :
vingt poèmes en prose publiés dans La Presse.

 

1863 - Baudelaire : Le Peintre de la Vie moderne ; création du Petit Journal, premier grand quotidien à grand tirage.

 

1865 -  Manet : Olympia.

1866 - Verlaine : Les Poèmes saturniens. ; Erckman Chatrian : Madame Thérèse.

 

Alphonse Daudet est né le 13 mai 1840 à Nîmes.

Jacques Daudet, le grand-père paternel d'Alphonse Daudet, installé à Nîmes, était devenu, sous le Consulat, à force de travail, un bourgeois propriétaire d'un atelier produisant et commercialisant la soie.
Vincent Daudet, le père d'Alphonse, reprend l'affaire en lui ajoutant la fabrication de foulards en soie. Il épouse en 1829, Adeline Reynaud, jeune fille d'une famille aisée d'industriels soyeux d'origine cévenole. Le couple s'installe dans la maison Sabran, un bel immeuble de Nîmes. Six enfants naissent de cette union, mais quatre seulement vivent : Henri, l'aîné, Ernest, Alphonse et Anna.
Vers 1849, les affairent périclitent, et c'est rapidement la faillite, provoquée par le marasme commercial en cette époque troublée, la faillite de gros clients et la fragilité financière de l'entreprise.
Vincent Daudet s'installe à Lyon, grand centre de fabrication et de commerce de la soie, dans l'espoir de rétablir ses affaires, mais ce déplacement à Lyon est vécu par toute la famille comme un déchirement.
Vincent Daudet obtient pour son fils Alphonse, une bourse d'externe au lycée Ampère. Toutefois, les conditions y sont difficiles pour Alphonse, car les enfants des riches soyeux lyonnais lui font comprendre sa différence.
En 1857, la famille se sépare momentanément : Vincent, le père, entre comme courtier dans une maison de négoce de vins en gros ; Adeline, la mère, et Anna trouvent refuge chez des parents à Nîmes ; Henri, sorti du séminaire décède ; Ernest part pour Paris, et Alphonse trouve une place de maître d'internat au collège d'Alès.
Il n'avait pû passer à Lyon l'examen du baccalauréat car les droits d'inscription étaient trop élevés. Ce poste de maître d'études pourrait, pense-t'il, lui permettre de préparer l'examen pour la session suivante. C'est une période difficile pour Alphonse Daudet. Sans diplôme, il est méprisé par les professeurs du collège. Il fréquente alors assidûment les cafés et se met à boire de l'absinthe. Il restera à ce poste jusqu'en octobre 1857.
En novembre, après son renvoi du collège, suivie d'une tentative de suicide, il part pour Paris afin de retrouver son frère Ernest. Ce dernier avait trouvé un emploi de journaliste pigiste et s'était installé au quartier Latin. Rapidement, Ernest prend du galon lorsqu'il se voit offrir le poste de directeur d'un journal conservateur à Blois.
Il fait la connaissance d'Hippolyte de Villemessant, directeur du Figaro ; puis il entre dans les services de presse du Ministère de l'Intérieur.
Pendant ce temps (nous sommes en 1858), Alphonse, introduit par son frère dans les milieux du journalisme, collabore à divers journaux. Il se met à écrire des poèmes qu'il fait éditer sous forme d'un recueil :
Les
Amoureuses (qui lui vaut un succès d'estime auprès de la communauté littéraire). Les relations d'Ernest lui ouvrent les portes des salons littéraires comme celui de Madame Ancelot, fréquenté par Alfred de Vigny.
Il mène une vie de bohème et entretient une liaison orageuse avec un modèle, Marie Rieu.
En 1859, c'est la première rencontre à Paris avec Frédéric Mistral, le grand poète provençal, originaire de Maillane. Celui-ci est à Paris afin de venir chercher son prix littéraire pour Mireille. C'est le début d'une longue amitié, ponctuée par de fréquents séjours à Fontvieille et à Maillane.
En 1860, sur la recommandation de l'impératrice Eugénie, qui aurait apprécié ses poésies, ou d'Ernest Lépine (une connaissance d'Ernest Daudet), il entre comme attaché au secrétariat du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, qui ne lui demande aucun ralliement politique. Ce travail, qui est en fait une sinécure de poète, lui permet de poursuivre son œuvre d'écrivain.

Mais la vie de bohème qu'il continue à mener n'est pas sans conséquences sur la santé d'Alphonse Daudet.
Le médecin personnel de duc de Morny, Marchal de Calvi, lui conseille d'aller passer une partie de l'hiver au soleil. Obtenant un congé, il se rend à Nîmes où il retrouve sa famille. Il renoue avec un cousin, Reynaud, qui est un grand chasseur. Ils décident alors de partir en Algérie pour aller chasser le lion ; voyage (financé par le cousin Reynaud) de décembre 1861 à février 1862.
(Ce séjour lui inspirera plusieurs nouvelles des Lettres de mon Moulin : À Milanah, Les Sauterelles, mais aussi Tartarin de Tarascon.)
En décembre 1862, Alphonse Daudet sollicite de nouveau un congé de maladie, et se rend en Corse pour y passer l'hiver. Installé à Ajaccio, il profite de l'animation due au passage de l'escadre. (Il s'inspirera plus tard de de cette période pour une nouvelle de Femmes d'Artistes et dans le roman Rose et Ninette.)
Il se promène volontiers le long de la côte des Sanguinaires, puis, durant le mois de mars, il accompagne des douaniers de Porte-Vecchio durant leurs rondes. Il débarque aussi sur les îles Lavezzi, où La Sémillante avait fait naufrage neuf ans auparavant. (Des nouvelles des Lettres de mon Moulin seront inspirées de ce séjour :
Le phare des
Sanguinaires, L'agonie de la Sémillante, Les Douaniers, Les Oranges.)
Ce séjour en Corse est aussi l'occasion d'observer l'agitation d'une campagne électorale qu'il relatera dans Le Nabab.
En décembre 1864, Alphonse Daudet sollicite encore un congé pour raison de santé. Il se rend en Provence où il souhaite rencontrer Frédéric Mistral.
Sur les conseils de son frère Ernest, il se rend à Fontvieille où réside une cousine de son père, Octavie Ambroy, restée veuve avec ses cinq enfants. Celle-ci , qui réside au château de Montauban, situé en bordure sud-est du village, l'invite à séjourner au château. Durant ce séjour, il se lie d'amitié avec Timoléon Ambroy, fils d'Octavie.
Il y retourne durant l'été 1864. Alphonse parcourt cette région proche d'Arles
Ce séjour en Provence, dans ce magnifique lieu, est pour lui une révélation, un émerveillement. Il retrouve ses racines provençales, et en fait dorénavant sa terre de prédilection, d'autant qu'il est reçu comme un fils par Octavie.
Il y revient passer les hivers 1865 et 1866, désormais accueilli avec joie par Octavie. Amoureux de la solitude, il peut rêver à souhait en parcourrant les collines. Il y découvre ses vieux moulins (celui du père Tissot notamment). L'histoire de ce moulin lui inspirera la nouvelle Le Secret de Maître Cornille du recueil des Lettres de mon Moulin.

 
Le château de Montauban, à Fontvieille (dimanche 5 juin 2011 - 15 h).

Une autre vue du château (dimanche 5 juin 2011 - 15 h).

Durant ces séjours en Provence, il rencontre souvent Frédéric Mistral à Maillane, et entre les deux hommes se crée une solide amitié.
Daudet et Mistral parcourent les routes et les villages des Alpilles, jusqu'en Camargue. Mistral initie son ami aux coutumes provençales.
Il lui présente les Félibres
 tel Théodore Aubanel, avec lequel il se lie d'amitié, Anselme Mathieu, Roumanille. Joseph Roumanille est l'auteur de L'Almanach provençal dont Alphonse Daudet traduira plusieurs contes, en particulier Le Curé de Cucugnan (nouvelle des Lettres de mon Moulin).

Alphonse Daudet et Frédéric Mistral
au Mas de Vers (Camargue).
Les sources d'inspiration d'Alphonse Daudet sur le Midi de la France

Le Midi de la France, et la  Provence en particulier, ont été pour Alphonse Daudet une source inépuisable d'inspiration.
Son œuvre en atteste, dont une grande partie lui a été inspirée par ses séjours en Provence, en Camargue et en Corse.
- Le Midi poétique et lyrique :
C'est le succès de Mireille, de Frédéric Mistral, en 1859, qui l'a conduit à prendre conscience de la valeur poétique du Midi, avec ce soleil,
si souvent présent, qui inonde les collines, en particulier lorsque le Mistral a dégagé le ciel du moindre nuage. Le ciel est alors d'un bleu si profond qu'il apparaît parfois virant au violet s'il est observé avec attention.
C'est une vision solaire qu'il développe  dans plusieurs nouvelles des Lettres de mon Moulin (La diligence de Beaucaire, Les étoiles,
Le poète Mistral..
.).
- Le Midi dramatique et tragique :
Ce soleil omniprésent cache le drame avec La chêvre de Monsieur Seguin... et  la tragédie qu'il relate dans L'Arlésienne (nouvelles des Lettres de mon Moulin).
- Le Midi comique et humoristique :
Cette face du Midi est traduite dans plusieurs nouvelles des Lettres de mon Moulin (La Mule du Pape, L'Élixir du père Gaucher, Le Curé de Cucugnan...), mais aussi dans Tartarin de Tarascon qui devient une énorme fable comique.
Alphonse Daudet se complait à montrer les travers que l'on attribue si  volontiers aux Provençaux, tels la gloriole, l'exagération, le verbe haut...
Finalement, le Midi prend une place très importante dans l'œuvre d'Alphons Daudet.


1866-1867

Ernest Daudet, toujours attentif au devenir de son frère, souhaite alors le marier, afin, pense-t-il  de lui permettre se se stabiliser. Il prend alors des renseignements sur une jeune fille, Julia Allard, dont l'oncle louait une villa pour l'été, comme lui, à Ville-d'Auray. Les jeunes gens se rencontrent et se plaisent. Le mariage a lieu en janvier 1867.Le voyage de noces les conduit à Cassis, Nîmes pour présenter la jeune mariée aux parents d'Alphonse, et bien sûr à Fontvieille, où réside sa famille d'élection, les Ambroy.
Le jeune couple s'installe ensuite à Paris où Alphonse Daudet reprend ses travaux littéraires. En novembre 1867, c'est la naissance de Léon, leur premier enfant.

 

 

 

 

 

1868 - Libérisation du régime de la presse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

1870- Victor Hugo rentre d'exil ; mort de Dickens..
1870-Guerre franco-prussienne chute de l'empire ; proclamation de la troisième République. 
1871 - Instauration de La Commune,  à Paris.

 

 

 

 

 

1873 - Rimbaud : Une Saison en Enfer.

1874 - Première exposition du groupe des  Impressionnistes.
1876 - Mallarmé : L'Après-Midi d'un Faune.
1876 - Victoire des Républicains aux élections de mars.

1877 - Mistral : Calendal ;
Jules Valès : L'Enfant.

1880 - Mort de Gustave Flaubert.
1880 - Première fête nationale du 14 juillet.
1881
- Verlaine : Sagesse.
1883
- Mort de Manet, Tourgueniev et Wagner.
1884
- Mallarmé : Husymans,
À rebours.

1885 - Nietsche : Par-delà le Bien et le Mal ; mort de Victor Hugo.
1885 - Conférence coloniale de Berlin.

1886 - Manifeste du Symbolisme ; Rimbaud : Illuminations.
1887
- Manifeste des cinq contre La Terre, de Zola.
1888, 1889 - Crise boulangiste.

1893 - Zola termine
Les Rougon-Macquart.
1894 - Procès et condamnation de Dreyfus.
1895
- Claude Valéry : Introduction à la méthode de Léonard de Vinci ; André Gide : Paludes ;
Munch (peintre) : Le Cri.

 

 

Scène du musée du
château de Montauban
.

Alphonse Daudet   
(13-05-1840/16-12-1897)   Julia Allard-Daudet (1847-1940)

Nous sommes en 1867, date du premier séjour du jeune couple Daudet au château
de Montauban,
chez la famille Ambroy.

1870
Alphonse Daudet est fait chevalier de la Légion d'Honneur.
Lorsque  la guerre éclate il est bloqué à Champrosay, où il s'est cassé une jambe lors d'une partie de canotage. Il y apprend les désastres de l'armée française et la marche des Prussiens vers Paris. Dès qu'il peut marcher, il rentre sur Paris, où il s'y trouve pour entendre Gambetta proclamer la République le 4 septembre 1870. Son instinct patriotique le pousse à s'engager dans la Garde Nationale. Dans Paris assiégé, Alphonse Daudet est affecté au secteur de la défense vers Vincennes. Il ne participe toutefois pas directement aux batailles. Il quitte Paris en avril 1871.
Ces souvenirs nourriront les nouvelles des Contes du Lundi.
La guerre a fait prendre conscience à Alphonse Daudet de l'incertitude de la condition humaine, et de la nécessité de se mettre sérieusement au travail afin de compléter l'œuvre littéraire qu'il n'a fait qu'ébaucher.
Il décide alors de rattraper son retard en se lançant dans le travail de journaliste, de dramaturge et d'auteur dramatique.
En 1872, il publie Tartarin de Tarascon qui obtient un succès d'estime ; puis deux pièces de théâtre : Lise Tavernier (drame) et L'Arlésienne (tragédie) qui sont deux échecs.
Très affecté par ces échecs, il est encouragé par Julia, son épouse, qui le dissuade d'abandonner, et qui devient sa collaboratrice en lui apportant de judicieuses suggestions.
Alphonse Daudet fréquente un nouveau cercle d'écrivains, des romanciers réalistes tels  Gustave Flaubert, Émile Zola, Tourgueniev et Edmond de Goncourt, avec lesquels il se lie d'amitié.
L'écriture et les publications se suivent à un rythme accéléré :
1873 - Les Contes du Lundi ;
1874 - Jack (roman) ;
1877 - Le Nabab (Daudet rend homage à son épouse dans la dédicace - on trouve dans ce roman, le portrait du duc de Morny, son bienfaiteur) ;
1879 - Les Rois en Exil et les Lettres de mon Moulin.
En 1878, c'est la naissance d'un deuxième fils, Lucien.
En 1880, cure à Royan, puis toute la famille séjourne près d'Avignon, chez les Parrocel.

En 1880, il publie Nina Romestan.
En 1881, toute la famille parcourt la Suisse. Ce voyage lui inspirera Tartarin dans les AlpesT.
En dix ans, Alphonse Daudet est devenu un romancier connu, apprécié. La famille connaît l'aisance et se partage entre Paris en hiver, Champrosay l'été où ils sont les hôtes des Allard.
En 1883 - 1884, il écrit et publie L'Évangéliste, Sapho, un roman où il transpose sa longue liaison avec Marie Rieu, et que la critique salue comme un chef-d'œuvre.

Nous sommes en 1884, et Daudet subit les premières atteintes d'une maladie incurable de la moelle épinière.
1885 - Publication de Tartarin de Tarascon, roman où l'humour et le comique de situation rejoignent parfois la farce.
1888 - Publication de L'Immortel (roman qui lui ferme les portes de l'académie française). Cela ne l'empêche pas, à partir de sa maison de Champrosay, de rayonner sur les lettres, en exerçant une réelle influence sur les jeunes écrivains de l'époque. Goncourt le désigne comme son exécuteur testamentaire, et comme l'un des premiers membres de son académie.
1890 - Publication de Port-Tarascon.
1895- Il publie La Petite Paroisse, Le Trésor d'Arlatan.
1897- Son ultime publication est Soutien de Famille.

Alphonse Daudet décède le 6 décembre 1897.

Références principales : Lettres de mon Moulin (Le Livre de Poche - édition 1994)
                                       Alphonse Daudet (Éditions OUEST-FRANCE - 2005)
Photographies : Georges Berni
Document Daudet-Mistral : photographie de carte postale

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