L'école Lakanal

 

 

 

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" L'école "

 

 

 



L'école Lakanal
9, boulevard
Lakanal, Aubagne (dans les années 1970).

 
L'école Lakanal : sa création, éléments de son histoire

   

1843 : Le 25 décembre 1843, une ordonnance royale prévoit le remboursement de la moitié des frais pour la construction d'une maison d'école.
1846 : Les frères des œuvres chrétiennes prennent la direction de l'école communale gratuite de garçons située dans une salle de l'œuvre de la jeunesse Saint-Louis.
1846 : Le 8 novembre 1848, il y a délibération du conseil municipal de la ville d'Aubagne pour décider la création d'une école de garçons.
1850 : En octobre 1850, ouverture de l'école, boulevard de la Vierge. Le premier directeur en est le frère Tibère.
1855 : Le 11 février 1855, Monseigneur De Mazenod, évêque de Marseille, inaugure la statue de la Vierge placée au milieu du boulevard
          (qui à l'époque était une impasse), à hauteur de l'entrée de l'école.
1856 : Création d'un étage pour le logement des frères.
1881 : Le père Sabasius, dernier directeur de l'école confessionnelle, est remplacé par le père Émile-André Arbaud, premier directeur laïque, jusqu'en 1894. Parmi ses adjoints se trouve Joseph Pagnol, nommé en tant qu'instituteur le 1er janvier 1889, et qui restera en poste jusqu'en 1897.
1884 : Le 9 novembre 1889, le conseil municipal et le maire Gustave Imbert, changent le nom du boulevard de la Vierge, en boulevard Lakanal.
1897 : La statue de la Vierge est déplacée de 50 mètres vers le haut du boulevard.
1913 : Le 9 novembre 1913, le maire Lafond fait transférer la statue de la Vierge sur la place de l'église où elle se trouve actuellement.
1920 : Création du Cours complémentaire de garçons.
1931 : Le 30 décembre 1930, la municipalité Boyer achète l'usine Merlat pour permettre l'agrandissement de l'école.
          Le boulevard Lakanal débouche alors sur l'actuel boulevard Émile Combes.

1966 : Arrêt des classes primaires déplacées vers d'autres écoles de la ville.
1975 : Le C.E.G. (Collège d'Enseignement Général) Lakanal géré par la ville, devient C.E.S. (Collège d'Enseignement Supérieur) géré par  le
            Conseil général des B.d.R..
1987 : Le C.E.S. Lakanal devient une antenne de l'Université de Provence (Département de l'Image et du Son)
            La cloche de l'école, qui a fonctionné pendant de longues années pour annoncer les entrées, les sorties et les récréations, est conservée au
" Petit Monde de Marcel Pagnol ".
N.B. : Cet historique a été réalisé par Georges Mérentier, de l'association " Les Amis du vieil Aubagne ".

Quelques vues de l'ancienne école Lakanal en 2010

La maison du Directeur. Une belle maison du XIXe.
Elle sert maintenant pour la Direction et les services administratifs de l'Université.
(Photo du jeudi 30 septembre 2010.)

L'enfilade de l'immense préau de l'école  
à partir de l'entrée principale.
(Photo du jeudi 30 septembre 2010.)

Une vue générale du bâtiment de l'école proche de l'entrée (côté nord, vers le bas du boulevard Lakanal, proche de l'entrée principale)
comportant deux niveaux de trois classes, et de la cour de récréation toujours arborée de platanes.

Certains d'entre eux étaient déjà là dans les années 1950.
 Un autre bâtiment de deux niveaux de trois classes est situé en face et parallèle à celui-ci,
de l'autre côté de la cour (côté sud), vers le haut du boulevard Lakanal.
(Photo du jeudi 30 septembre 2010.)

Toute contribution à cette page, par des photos, documents ou témoignages, sera la bienvenue.
Pour toute proposition, d'adresser au webmaster : webmaster@gb-provence.com

 La photographie des enseignants de l'école en 1946


 Au troisième rang, de gauche à droite :
Messieurs Marcel Pinet (portant des lunettes), Blanchard, Coste, Boutière, Jean Boireaud, Dominique Facino.
Au deuxième rang :
Messieurs Albert Garcin (tenant son cartable), Paul Dol, Auguste Comte (directeur), Damour, et Mesdames Rey, Mathal.
Au premier rang (assises) :
Mesdames xxx, Comte, Escoffier.
(Noms et prénoms seront complétés ultérieurement.)

Quelques photographies de classe dans les années 1950


 Les " petits schtroumpfs " de 9e
(C.E.2 - Cours élémentaire 2
e année ; en 1950-51).


 Les " petits " de 6e 
au C.E.S. Lakanal (Collège d'Enseignement Supérieur)
en 1954-55.


 La classe de 4e du C.E.S. Lakanal
en présence de M. Albert Garcin (professeur) en 1957-58.


 La classe des " grands " de 3e du C.E.S. Lakanal,
en présence de M. Jean Boireaud (professeur), en 1957-58.

Quelques témoignages

                                                      
                                                                
    Témoignage d'un jeune élève de 9e (année scolaire 1950-51)

Le jeu de billes
Il est 9h 50mn très précisément. La cloche vient de tinter, joyeuse et libératrice. Depuis 8h, nous étions assis, attentifs (plus ou moins), réfléchissant sur un problème de mathématiques, suivi de calcul mental, puis essayant de faire le moins de fautes possibles à une dictée égrenée par la voix lente et distincte de la maîtresse. Notre tête était prête à éclater, les fourmis nous montaient le long des jambes.
Dès le signal de la maîtresse  " Vous pouvez sortir " nous prenons (nous les accros au jeu de billes), comme à chaque récréation, notre sac
de billes et celui d'agates précautionneusement rangés dans nos cartables. pour nous diriger rapidement vers la porte et enfin sortir en courant dans la cour, avec un cri libérateur.

Dans la cour, six platanes aux troncs énormes sont prêts à nous accueillir. Cela fait vingt quatre postes de jeu, à quatre par arbre.
Il y a les " gardiens de but " et les " tireurs ", les joueurs pouvant alterner. Chaque " gardien de but " s'assoit en s'adossant à l'arbre, en écartant les jambes., et place devant lui une pyramide de quatre billes ou une agate en verre coloré, éclatante d'irisations.
 Le " tireur " qui utilise des billes comme projectiles, se place à une distance codifiée : un mètre pour tirer sur les billes, et un mètre cinquante pour essayer d'attraper l'agate. Le jeu est simple ; touché c'est gagné, encore faut-il être adroit. Comme je l'étais assez, je jouais souvent en tant que tireur.
Sinon, les trocs étaient monnaie courante. Une belle agate pouvait s'échanger pour vingt billes. Nous ne pensions plus à rien durant ce précieux quart d'heure de récréation. Quel plaisir ! et toujours renouvelé.
Je possède encore, mon trésor d'agates, je ne dirai pas combien, mais pas mal tout de même, qui trône dans une large coupe au milieu de la table du salon.

                                                             Témoignage d'un " grand "  de 3e du C.E.S. (année scolaire 1957-58)

Adaptation du jeu de paume
La cour de récréation du C.E.S., séparée de la grande cour de l'école primaire, était une petite cour située à l'extrémité haute du boulevard Lakanal, lequel est bien pentu.
Cette cour comportait deux préaux (toujours visibles)situés le long des hauts murs d'enceinte. Ces préaux mesuraient chacun, environ quinze mètres de long sur trois mètres de large. Seuls les " grands " de 4e et de 3e avaient le droit de jouer à ce jeu.
Trois équipes de deux joueurs se relayaient pendant la durée de la récréation, sous chaque préau ; deux équipes se faisant face en se plaçant à chaque extrémité, pour être alternativement lanceurs et gardiens de but.
Il s'agissait en effet de lancer avec le plus de force possible la balle vers les adversaires pour essayer de marquer un but. Mais pour les lancer, attention ! c'était comme au jeu de paume (ancêtre du squash ou du tennis). Il fallait lancer en hauteur la balle (comme pour une mise en jeu au tennis), puis la frapper violemment, à sa retombée, avec la paume de la main qui servait de raquette.
Les balles étaient faites de crin ou de laine, avec une enveloppe en tissu cousue par nos mamans.
Certains arrivaient ainsi à donner aux balles une forte impulsion, et marquaient souvent des buts. C'étaient les plus forts, très appréciés lorsqu'il s'agissait de monter les équipes. Les parties allaient en cinq points, et la troisième équipe attendait avec impatience de jouer, en tenant tête aux gagnants de la première partie. Nous devenions très rapidement tout rouges et transpirants. Mais quelle détente, ce jeu !

Distribution des prix et fête des écoles

Voici le programme en 1939 :
- Distribution solennelle des prix le samedi 8 juillet 1939 à 14 heures ;
- suivie par la fête des écoles avec un programme artistique conséquent préparé par les maîtres, les maîtresses et les élèves ;
- et même, le lendemain dimanche 9 juillet 1939, un grand bal.

Témoignage d'un élève ayant suivi ses études à l'école Lakanal, entre le cours préparatoire et la 3e, dans les années 1950.

La distribution des prix :
Au cours des années 1950, la distribution des prix était encore une institution bien établie. Cela se passait en fin de la première semaine du mois de juillet, juste avant les Grandes Vacances. La plupart d'entre nous étaient d'ailleurs récompensés, car il y avait de nombreux prix. Tout d'abord, trois prix pour chaque matière (français, mathématiques, histoire-géographie, sciences naturelles, anglais au collège, sport, dessin, musique...), mais aussi les premier, deuxième et troisième prix général pour chaque classe.
C'était un moment attendu par tous, enfants et parents, grands-parents...
Une grande estrade était montée contre le bâtiment du bas de la cour, par le personnel de la Mairie. Cette estrade de deux mètres de haut servait ensuite pour le spectacle de la fête, en soirée. Une multitude des chaises étaient rangées dans la cour pour accueillir tout le monde. La distribution des prix commençait en début d'après-midi, et durait plusieurs heures.
Les édiles, les instituteurs et les professeurs de collège étaient assis sur trois rangées de chaises alignées sur l'estrade.
La distribution s'échelonnait des classes du cours préparatoire jusqu'à la 3e du collège. Les élèves étaient appelés par classe, les uns après les autres. Ils montaient par un escalier situé à gauche de l'estrade, s'avançant lentement, avec un grand sourire, et beaucoup d'émotion ; les prix (des livres, souvent de la collection Verte ou de la collection Rouge et Or pour les premiers) leur étaient donnés, puis ils serraient les mains, toutes les mains tendus, et souvent le maître ou la maîtresse, ne pouvant y résister, se levait pour embrasser son élève, sous les applaudissement de l'assistance. Chaque primé redescendait ensuite vite de l'autre côté de l'estrade, pour aller montrer ses trésors aux parents qui les embrassaient avec effusion.
C'était un bel après-midi !

La fête des écoles :
La fête des écoles se préparait activement dès le 15 juin. Les cours étant en passe de se terminer doucement, dans la chaleur de l'été qui arrivait. Chaque classe ou niveau de classes sous la direction des maîtres et maîtresses, préparaient leur représentation, partie prenante d'un ensemble dont le thème général était défini en cours d'année.
Il fallait, nous les acteurs, comprendre et répéter de nombreuses fois, les dernières répétitions se faisant en costumes de scène.
Puis le grand jour de la distribution des prix, suivi du spectacle arrivait.
Après la distribution des prix, nous avions peu de temps pour aller nous restaurer un peu, revenir ensuite rapidement à l'école pour nous changer dans les classes, nous maquiller si nécessaire... Les maîtres et maîtresses ne savaient plus ou donner de la tête, encore plus anxieux que nous. Il fallait que ce soit un beau, magnifique spectacle.
Alors, je me souviens particulièrement d'un scène, je devais avoir 11 ans, où nous étions tous déguisés en esclaves égyptiens. Vêtus d'un pagne blanc, teints de la tête aux pieds avec de la teinture d'iode, nous n'avions que le blanc des yeux qui apparaissait.
La scène était sans doute porteuse de sens caché. Il s'agissait de monter sur la scène, puis traîner un obélisque en carton attaché par des cordes, en poussant des hi, ha d'effort, sous les coups de fouets de nos contremaîtres, qui eux portaient en plus une superbe coiffe.
Nous allions le plus lentement possible pour faire durer la scène. 
En nous voyant, je me souviens d'une salve d'applaudissement. Un moment magique, et nous étions fiers comme Artaban.

La fête des écoles (suite) :
Au cours de la décennie des années 1950, la fête des écoles a pris de l'ampleur. Elle est véritablement devenue la fête de la ville.
L'idée a été de grouper les spectacles des différentes écoles de la ville d'Aubagne pour réaliser une grande représentation en soirée.
Cela s'est fait durant de nombreuses années.
Monsieur Albert Garcin, professeur de Français au collège Lakanal, en était le maître d'œuvre.

Cela nécessitait une organisation sans faille.
L'estrade, immense, était alors montée sur la pelouse du stade, en face des tribunes. Les " grands " du collège allions parfois un peu aider à son montage, et cela nous plaisait car nous avions le sentiment d'une participation privilégiée à cette manifestation.
Venons-en à la soirée du samedi soir, après la distribution des prix, qui se déroulait toujours dans l'enceinte de l'école.
Il y avait tout d'abord le défilé. Comme l'école Lakanal était la plus grande, toutes les écoles se regroupaient vers 20 heures dans la cour, les élèves étant en tenue de scène. Puis, début du défilé ; les élèves, les maîtres et maîtresses sortaient, classe par classe, école après école ; puis, petit à petit, les parents, les amis..enfin toute la ville suivait, ce qui faisait un très long défilé, pour aller, musique municipale en tête jusqu'au stade qui se trove à l'autre extrémité de la ville.
Je me souviens ! Une année, le thème du spectacle monté par notre classe, je devais être au cours élémentaire, était la mer, la pêche...
Nous étions plusieurs de ma classe déguisés en plongeurs sous-marin, et nous avons parcouru le kilomètre séparant l'école du stade, vêtus d'un maillot de bain, portant masque et tuba, mais surtout avec les palmes aux pieds. Il fallait bien relever les jambes à chaque pas !
Et le spectacle débutait vers 21 heures, se prolongeant tard dans la nuit.
Il n'en reste que de beaux souvenirs., et je remercie encore tous ces enseignants , si dévoués, qui ne cherchaient qu'à faire plaisir à tous, en réunissant toute la ville dans cette magnifique fête de fin d'année scolaire.
Il ne restait plus qu'à se dire ensuite, Vive les Grandes Vacances, et à l'année prochaine.
 

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