Fernandel

 

 

Home 
Aubagne 
Marcel Pagnol 
Famille Pagnol 
Album 
Brochure 
 Petit Monde 
Collines 
Les plantes 
Circuits 
 Font de Mai 
La Treille 
La Buzine 
Le Castellet 
Cassis 
La Ciotat 
La Colle sur Loup 
Marseille 
Pont du Gard 
Ma Provence 
Liens 

 

  Fernandel (8 mai 1903 - 26 février 1971), a connu une longue carrière de comédien.
Au cours de 40 années de carrière, il a cotoyé les plus grands de son époque.  
Il a connu Marcel Pagnol en 1933.
Les films qu'il a tourné avec celui-ci comptent parmi ses plus grands succès.
   

Fernandel
lien vers la page :
Filmographie

Liens vers :

Angèle (1934)    Regain (1937)    Le Schpountz (1937)    La Fille du Puisatier  (1940)    Naïs  (1945)    Topaze (1951)

Fernandel
Quelques éléments de biographie


Fernand Joseph Désiré Contandin est né le 8 mai 1903 dans l'appartement familial situé au 72, boulevard Chave (Marseille).

L'entrée de l'immeuble se trouve juste derrière la voiture garée.
Nous sommes tout près de l'entrée du tunnel du tramway qui passe sous la place Jean Jaurès (quartier de la Plaine) jusqu'au terminus de la ligne, place Noailles.
C'est ce tramway qui était emprunté par la famille Pagnol, qui habitait non loin, rue Terrusse (de 1900 à 1910), pour se rendre jusqu'à La Treille (Les Souvenirs d'Enfance).
(Photographies du 21-09-2014, à 16heures.)

Une plaque commémorative est placée au niveau
de la porte d'entrée du 72, boulevrd Chave.

 

 

 

Un buste en bronze de Fernandel trône au sommet
d'une stèle située à l'angle du boulevard Chave et
de la rue de Bruys.

 


Fernand Joseph Désiré Contandin est né le 8 mai 1903 dans l'appartement familial situé au 72, boulevard Chave (Marseille). Son père est alors comptable, mais aussi chanteur-comédien sous le pseudonyme de Sidned. Sa mère est aussi comédienne.
Le jeune Fernand entre à la pension Rose en 1908, puis poursuit ses études à l'école communale de la rue Gillibert et à l'école de la rue Alexandre-Copello.
Il fait très tôt ses premiers essais artistiques au théâtre du Chatelet (Marseille) où il remporte un premier prix de chanteur amateur.
Après ses études secondaires, Fernand travaille successivement dans plusieurs établissements bancaires marseillais, et dans diverses autres entreprises. 
Notamment à la Banque Nationale du Crédit comme garçon de courses, à la savonnerie Bellon, la papeterie Grangier, la Société  Marseillaise de Crédit, la compagnie d'électricité, dans une maison de textile ; docker, puis de nouveau dans les banques (Banque Impériale Ottomane, Banque Mathieu-Martin...
Chez Mathieu-Martin, tout était organisé dans le moindre détail. Il fallait demander un bon au chef de service pour obtenir un crayon... il n'y est pas resté longtemps.
En parallèle, il commence à monter sur scène dans des cafés-concert, en tant que chanteur et comique-troupier.
Coté cœur, il fréquente de plus en plus Melle Henriette Manse. Lorsqu'il vient rendre visite à sa fiancée, Mme Manse l'accueille par un " Vé ! voilà le Fernand d'elle ! ",

d'où le pseudonyme Fernandel qu'il décidera de prendre comme nom de comédien. Il épouse Henriette le 4 avril 1925.
Il partage toujours son temps entre spectacles (notamment à La Scalla, futur Eldorador), et travaux alimentaires.
Puis vient le service militaire ; d'abord à Grenoble, puis à Marseille. Mais dans cette ville, il commence à être connu. Impossible de lui faire monter la garde comme planton, car, tout de suite, un attroupement se forme autour de la guérite où iI se trouve. Il devient alors chauffeur du capitaine.
Le 19 avril 1926 est le jour de la naissance de Josette, leur fille aînée.
Ses premiers succès :
Au niveau artistique, il triomphe dans un répertoire de chansons dont les auteurs sont Polin et son beau-frère. Un jour, dans la salle de spectacle, se trouve Jean Faraud, directeur de la Paramount en France. Celui-ci lui propose de se produire dans les salles de cinéma Paramount dans toute la France, afin d'animer les entractes. (En effet, à cette époque, et jusque dans les années 1950-1960, une séance de cinéma se déroulait en deux parties, séparées par un entracte d'un quart d'heure environ. Première partie : les actualités ; deuxième partie : le film.)
Ce tour de France débute le 19 mars 1927 à Bordeaux, puis Toulouse, Nice, Lille... pour se terminer à Paris, salle de music-hall Bobino, en décembre de la même année.
Succès immédiat à Bobino. Il signe un nouveau contrat de 19 semaines pour animer les entractes des cinémas Pathé, avant de revenir à Bobino en 1929.
Son père décède le 10 mars 1930, heureux de la réussite de son fils dans le domaine du spectacle.
En mars 1930, la famille Contandin s'installe à Paris ; puis c'est la naissance de leur seconde fille, Jeanine, le 18 avril 1930.
Les débuts au cinéma :
Fernand est engagé par Henri Varna, pour être, durant un an, l'une des attractions de sa revue Nu. 
C'est, à chaque représentation, un triomphe, auquel assiste un jour le cinéaste Marc Allégret. Celui-ci lui rend visite dans sa loge et lui propose son premier rôle ; il interprètera le groom dans Le Blanc et le Noir (1930), film qu'il prépare avec Sacha Guitry, auteur de la pièce éponyme dont est tiré le scénario. Raimu en est l'acteur principal.

Fernandel et le cinéma, une longue histoire :
Ce rôle dans Le Blanc et le Noir marque le début de la carrière cinématographique de Fernandel, carrière très prolifique et très longue car elle va s'étaler sur 40 ans.

En 1931, Jean Renoir l'engage aux côtés de Michel Simon pour tourner l'adaptation du vaudeville de Georges Feydau, On purge bébé.
Il décroche ensuite son premier grand rôle, en interprétant Isidore, dans Le Rosier de Mme Husson de Bernard Deschamps
Entre 1930 et 1931, il enchaîne ainsi une dizaine de films : Vive la classe, Le Blanc et le Noir, La meilleure bobonne, J'ai quelque chose à vous dire, Paris-béguin, On purge bébé,
Le rosier de Mme Husson,
La fine combine, Cœur de lilas, Bric à brac et Compagnie.
Il tourne durant la journée et continue à chanter le soir.
En 1932, il joue dans six films dont Les Gaîtés de l'Escadron, en compagnie de Raimu et Jean Gabin ; film réalisé par Maurice Tourneur.
Il parcourt aussi la France de scène en scène : l'Eldorado à Marseille, l'Élisée Palace à Vichy, Bobino et les Folies-Bergères à Paris.
En 1933, il tourne dans sept films : L'Ordonnance, Le jugement de minuit, Le gros lot, Le Coq du régiment, La Garnison amoureuse, D'amour et d'eau fraîche, Adémaï aviateur.
La rencontre avec Marcel Pagnol :
Le 22 juillet 1933, Marcel Pagnol a créé sa société de production de films, Les Auteurs associés, puis une société de distribution, Films Marcel Pagnol. Ceci va lui permettre de donner libre court à sa créativité. Il vient de de réaliser et produire Jofroi, film moyen-métrage qui obtient un grand succès auprès du public.
Il réfléchit au scénario et aux lieux de tournage d'
Angèle. Cela se fera dans les collines de La Treille. Il pense  tout de suite à Fernandel pour le rôle de Saturnin..
En janvier 1934, Fernandel joue dans la revue Folies en Folie aux côtés de Mistinguett, sur la scène des Folies-Bergères. Au soir du 14 janvier, il pousse la porte de la loge de l'acteur, et, après les présentations d'usage, il en arrive au fait en lui remettant un exemplaire du roman de Jean Giono, Un de Baumugnes, dont il a acheté les droits et tiré le scénario d'Angèle.
Il lui propose donc le rôle de Saturnin, le valet de ferme qui sauve Angèle des griffes de Louis, le voyou de Marseille. Fernandel accepte volontiers ce rôle. C'est le début d'une longue et tumultueuse amitié. Le tournage aura lieu au printemps 1934 au village de La Treille et dans les décors naturels des barres du Saint-Esprit (massif du Garlaban). Première publique à Marseille : salle de l'Odéon, le 16 septembre 1934. Première à Paris : cinéma Bonaparte, le 30 octobre 1934. C'est un immense succès, pour Pagnol et Fernandel qui apparait dans son premier rôle dramatique.

La suite d'une longue carrière :
En 1935, pour les 10 ans de leur mariage, le couple achète la villa des Mille Roses dans la banlieu de Marseille. Ce lieu sera dorénavant le refuge de Fernandel, de sa famille et de ses amis (Andrex, Bousquet, Darcelys...). Le 10 décembre 1935, c'est la naissance de Franck, le troisième enfant du couple Contandin.
Entre 1935 et 1936, Fernandel, toujours aussi actif, joue dans six films : Les gaîtés de la finance, Jim la Houlette, Ferdinand le noceur, Un de la Légion, Josette et le carnet de bal.
Fin août 1936, Marcel Pagnol vient de terminer César. Il se met à écrire le scénario de
Regain, d'après le roman éponyme de Jean Giono. Il ne voit que Fernandel pour l'interprétaion du rôle de Gédémus, ce rémouleur brutal, retord, et machiste. Pour l'inciter à accepter, il lui propose aussi le rôle principal dans le film Le Schpountz. Séduit par cette deuxième proposition car le rôle correspond plus à son caractère, Fernandel accepte aussi de jouer Gédémus. Ces deux films sont tournés en 1937, pratiquement en même temps. L'acteur et le réalisateur n'ont pas du tout le même caractère. Fernandel est perfectionniste dans l'approche de ses rôles, tandis que Marcel Pagnol donne une apparence plus dilettante dans son travail, mais ce n'est qu'une apparence, aussi, les deux hommes se chamaillent souvent, tout en s'appréciant.
Si à sa sortie, Regain a été assez mal reçu par la critique, par contre Le Schpountz a fait un triomphe auprès du public.
En 1937, Fernandel a aussi joué dans : Les Rois du sport, Les Dégourdis de la Onzième, Ignace et François 1er.
On peut apprécier François 1er de Christian-Jaque, dans lequel Fernandel se retrouve à la cour de François 1er , avec son dictionnaire.
Entre 1938 et 1939, sortent en salle : Tricoche et Cacolet, Les cinq sous de Lavardère, Hercule, Ernest le rebelle, Barnabé, Raphaël le tatoué et Fric-frac.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'acteur est brièvement mobilisé, mais il peut continuer son travail de comédien car il est détaché aux côtés de Marcel Pagnol au service cinématographique des armées.
La Fille du Puisatier (1940) a été tourné en grande partie dans la région d'Aubagne, dans des conditions difficiles. Le film porte, dans plusieurs scènes, le témoignage de la tragédie qui en ce printemps 1940, va conduire à une défaite sans précédent de la France. Ce film ne sera terminé qu'après l'Armistice.
De retour à la vie civile, il tourne dans quelques films entre 1940 et 1944 : Monsieur Hector, L'héritier de Mondésir, La Nuit merveilleuse, Les Petits Riens, Le club des Soupirants, L'Acrobate, Simplet, La bonne Étoile, La cavalcade des heures, Adrien, Un chapeau de paille d'Italie.
Entre 1943 et la Libération, il se retire de la vie publique et se réfugie dans sa nouvelle propriété de Carry-le-Rouet (sur la côte, à l'est de Marseille).
Le retour du comédien se fait avec de nouveau Marcel Pagnol dans
Naïs (1945).
Il refait alors du music-hall en se produisant sur la scène de l'ABC (à Paris) dans Les Chasseurs d'Images, une opérette de Manse.
Un jeune Marseillais, Achod Malakian (alias Henri Verneuil) vient le voir dans sa loge pour lui demander un parrainage. Une amitié se noue alors entre les deux hommes, qui conduira Fernandel à jouer plus tard dans huit films de ce réalisateur, dont on distinguera  La table aux Crevés (1951), Le mouton à cinq pattes (1954) et La vache et le Prisonnier (1959), succès mondial, avec Bourvil.
Au cours des années qui suivent, Fernandel tourne dans de nombreux films dont certains peuvent être retenus :
- Tu m'as sauvé la vie (1950), qu'il tourne sous la direction de Sacha Guitry ;
-
Topaze (1950), avec Marcel Pagnol. Film qui trouve un grand succès. Malheureusement, le tournage ne s'est pas bien passé, et une brouille s'installe entre les deux hommes.
Fernandel refuse de jouer dans Manon des Sources, le prochain film de Marcel Pagnol, car il est trop demandé ailleurs. L'acteur reproche au réalisateur un manque de rigueur.
Pagnol le traitera alors de " grimacier ", et finalement, cette brouille durera une vingtaine d'années.
- L'Auberge rouge (1951) de Claude Autan-Lara ;
- Le Petit Monde de Don Camillo (1952), avec Julien Duvivier comme réalisateur. C'est le premier film d'une série ayant connu un immense succès, avec Le retour de Don Camillo (1953), La grande bagarre de Don Camillo (1955), Don Camillo Monseigneur (1961) et Don Camillo en Russie (1965). Chaque opus étant attendu avec impatience par les spectateurs.
- Crésus (1960) de Jean Giono ;
- La Cuisine au beurre (1963) de Gilles Grangier, avec Bourvil.
Durant cette période, Fernandel rencontre Jean Gabin au mariage d'Henri Verneuil. Les deux hommes s'entendent très bien et décident de créer une société de production, la GAFER (GAbin-FERnandel) afin de développer des scénarios pour ces deux grand acteurs. Il en résultera : L'Âge ingrat (1964), La Horse (The Horse) (1970) et Le Chat (1971).
- Il peut être signalé qu'en 1964, Franck Fernandel a joué dans L'Âge ingrat avec son père et Jean Gabin. Il a  fait une petite carrière comme comédien et chanteur.
La fin d'une belle aventure :
En 1970, il tourne son dernier film, Heureux qui comme Ulysse, de Henri Colpi.
Peu après, il fait une chute sur son bateau dénommé " Le Caméra ", basé à son port d'attache de Carry-le-Rouet. À la suite de cet accident, se forme bientôt un kyste au niveau de la poitrine, qui s'avère cancéreux. Sa famille lui cache la vérité et il n'a pas conscience de son état. Il meurt d'un arrêt cardiaque provoqué par sa longue maladie le 26 février 1971, dans son appartement avenue Foch (Paris).
P.S : Fernandel apparait à titre posthume dans Chantons sous l'Occupation (1976). Chantons sous l'Occupation est un documentaire mettant en vedette, documents d'archives à l'appui, une pléiade de talents et d'artistes qui faisaient la " Une " de la vie culturelle française entre 1939 et 1945.

Documents - Références

- Fernandel m'a raconté (Raymond Castans - Éditions de la Table Ronde - 1976)
- Pagnol inconnu (Jean-Jacques Jelot Blanc ; Éditions de La Treille - Michel Lafon- 2000)
- Site Internet : Biographie de Fernandel par DIGGI (http://fernandel.online.fr)
- Site Internet : Fernandel par Christian Granier ((http://encinematheque.net)
- Documents photographiques : Photos © Georges Berni

Retour en haut de page