Joseph André PAGNOL (1869-1951)

 

 

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Dans ses Souvenirs d'Enfance, Marcel Pagnol nous parle souvent de son père, Joseph André Pagnol.
Pour cet enfant qu'est Marcel, il est un héros lorsqu'il joue au jeu Provençal,
ou lorsqu'il réalise ce fameux coup du Roi...
Nous tenterons, à partir des quelques étapes connues du parcours de Joseph André Pagnol,
de faire correspondre la réalité avec le récit de Marcel Pagnol...

   


Joseph
André Pagnol est né à Vaison-la-Romaine (Vaucluse), le 25 octobre 1869, chez dame Bernard, accoucheuse et sœur de Joseph André Pagnol, son père, tailleur de pierres.
Situons tout d'abord ses parents, donc grand-parents de Marcel Pagnol :
                             Joseph André Pagnol,                                                                            Marie-Anne Naud
                                tailleur de pierres,
                      né le 12 mai 1831 à Valréas,                                                                 née le 14 novembre 1837 à Valréas
                 décédé le 30 juin 1913 à Marignane.                                                     décédée le 26 décembre 1923 à Marseille.
                                                                          mariés le 12 janvier 1853 à Valréas.
Ils eurent six enfants : Marie, Adolphe, Joséphine, Louise, Joseph et Léontine, tous devenus instituteurs-institutrices, puis pour certains,
directeurs-directrices d'écoles. Le grand-père André était très fier de ce résultat, car lui-même ne savait qu'à peine lire et écrire, comme nous le dit Marcel Pagnol.
" Mon père était le cinquième enfant d'un tailleur de pierres de Valréas, près d'Orange.
La famille y était établie depuis plusieurs siècles. D'où venaient-ils ? Sans doute d'Espagne, car j'ai retrouvé, dans les archives de la mairie,
des Lespagnols, puis des Spagnol  [...]
Cet homme habile n'avait reçu qu'une instruction sommaire. Il savait lire et signer, mais rien de plus. Il en souffrit secrètement toute sa vie, finit par croire que l'instruction était le Souverain Bien, et il s'imagina que les gens les plus instruits étaient ceux qui enseignaient les autres.
Il se "saigna " donc " aux quatre veines ", pour établir ses enfants dans l'enseignement, et c'est ainsi que mon père, à vingt ans, sortit de
l'École Normale d'Aix-en-Provence, et devint instituteur public. " (La Gloire de mon Père - chapitre 1.) 

Joseph passe donc son enfance à Vaison-la-Romaine, enfance ponctuée par des visites familiales régulières pour admirer l'aqueduc romain au 
Pont-du-Gard, haut-lieu et référence pour son père, tailleur de pierres et Compagnon.
" Dès qu'il avait un jour de liberté - c'est à dire cinq ou six fois par an - il emmenait toute la famille déjeuner sur l'herbe, à cinquante mètres du
Pont-du-Gard [...] Après le déjeuner, il s'asseyait dans l'herbe, devant la famille en arc de cercle, en face du chef-d'œuvre millénaire, et jusqu'au soir il regardait. " (La Gloire de mon Père - chapitre 1.)
Donc, Joseph effectue ses études pour devenir instituteur de l'école publique laïque, et passe le Brevet Supérieur en fin d'études de Normalien,
études qui duraient trois ans.
Dès sa sortie de l'École Normale, Joseph, âgé tout juste de vingt ans, est nommé à
l'école primaire Lakanal d'Aubagne, en octobre 1889,
pour sa première rentrée scolaire : 

" C'est parce-qu'il était sorti, lui aussi, dans un bon rang, que la dehiscence de la promotion ne l'avait pas projeté trop loin de Marseille, et qu'il était tombé à Aubagne. " (La Gloire de mon Père - chapitre 2.)
Il rencontre bientôt Augustine Lansot :
" Il rencontra un jour une petite couturière brune qui s'appelait Augustine, et il la trouva si jolie qu'il l'épousa aussitôt...

Je sais seulement qu'Augustine fut éblouie par la rencontre de ce jeune homme à l'air sérieux, qui tirait si bien aux boules, et qui gagnait infailliblement cinquante-quatre francs par mois. Elle renonça donc à coudre pour les autre, et s'installa dans un appartement d'autant plus agréable qu'on n'en payait pas le loyer. " (La Gloire de mon Père - chapitre 2.) 

La maison natale de Marcel Pagnol ; n° 16, cours Barthélemy - Aubagne.
L'appartement est situé au dernier étage de l'immeuble.
La chambre où est né Marcel Pagnol correspond à la fenêtre de droite, en partie cachée par le platane.
Le 14 juin 2003, un Musée Marcel Pagnol a été inauguré au rez-de-chaussée de cette maison, par le Maire d'Aubagne,
 en présence de Madame Marianne Larroux-Pagnol et de Pierre Tchernia.
La collection de documents comporte notamment une photographie de classe montrant Joseph Pagnol
entouré par ses élèves de l'école Lakanal, en 1895.


Joseph et Augustine s'installent donc dans cet immeuble en 1889. Après quelques années de vie à deux, le couple attend un premier enfant. Le 2 avril 1894, c'est la naissance de Maurice, qui, malheureusement décède le 18 août 1894 (Marcel Pagnol ne parlera jamais de ce frère qu'il n'a pas connu).
Marcel Pagnol voit le jour le 28 février 1895, dans cet appartement du dernier étage de l'immeuble, et y vit avec ses parents les premières années. C'est l'époque où Joseph joue au jeu de boules dit " à la Provençale " (ou à la longue), sur ce cours Barthélemy, sous les platanes qui ont depuis grandi en devenant centenaires, et qui en ont été témoins, sous les yeux admiratifs de Marcel.
" Un autre souvenir d'Aubagne, c'est la partie de boules sous les platanes du Cours. Mon père, parmi d'autres géants, faisait des bonds prodigieux, et lançait une masse de fer à des distances inimaginables. Parfois, il y avait des applaudissements, puis les géants finissaient toujours par se disputer, à cause d'une ficelle qu'ils s'arrachaient des mains, mais ils ne se battaient jamais. "
(La gloire de mon Père - chapitre 3.)
Pour la rentrée scolaire 1897, le 1er octobre, Joseph est muté à l'école primaire de Saint-Loup, dans la banlieue de Marseille (entre Aubagne et Marseille). La famille Pagnol occupe un  logement de fonction situé dans les bâtiments de l'école.
Le 28 avril 1898, c'est la naissance de Paul, le frère tant aimé de Marcel.
Lorsqu'elle allait au marché, Augustine avait l'habitude de laisser Marcel dans la classe de Joseph.
C'est alors que : " Un beau matin, ma mère me déposa à ma place, et sortit sans mot dire, pendant qu'il écrivait magnifiquement sur le tableau :
" La maman a puni son petit garçon qui n'était pas sage. "
Tandis qu'il arrondissait un admirable point final, je criai : " Non ! Ce n'est pas vrai ! ""

Marcel avait appris tout seul à lire vers l'âge de 3-4 ans ! 
Pour la rentrée scolaire 1900, le 1er octobre, Joseph est nommé à l'école des Chartreux, en plein cœur de Marseille. C'est la plus grande école communale de Marseille, donc une importante promotion pour Joseph. (Actuellement, cette école n'existe plus ; elle est remplacée par le collège des Chartreux - 4ème arrondissement de Marseille.)
" De Saint-Loup, mon père fit un bond de comète : car franchissant d'un seul coup les faubourgs, il fut nommé - à sa grande surprise - instituteur titulaire à l'école du Chemin des Chartreux, la plus grande école communale de Marseille." (La Gloire de mon Père - chapitre 5.)
La famille aménage au n° 54, avenue des Chartreux.
Le 2 février 1902, c'est au tour de Germaine (qui restera toujours la " petite sœur " pour Marcel), de venir au monde. Joseph en profite pour déménager de nouveau rue du Jardin des Plantes, puis, peu après, au n° 52, puis au n° 51, rue Terrusse.

La rue Terrusse, avec au fond, l'église Saint-Michel (quartier de la plaine Saint-Michel).
Le 51, rue Terrusse est le premier immeuble (à gauche).


À partir de 1904, soucieux de la santé fragile d'Augustine, Joseph décide de louer pour les vacances une villa dans les collines, en haut de La Treille, juste à la fin de la route goudronnée s'arrête et au début de l'immense domaine des collines.
Le premier déplacement vers la Treille a lieu pour les grandes vacances d'été de l'année 1904. Marcel a 9 ans, et c'est sans nul doute les plus belles grandes vacances de sa jeune vie. C'est l'été de la rencontre avec Lili, l'été de la découverte des collines et de toutes les " Aventures ". La fin de l'été se termine, comme un point d'orgue, par la mémorable partie de chasse de Joseph et de l'oncle Jules, durant laquelle Joseph réalise le fameux " coup du Roi ", en abattant deux  " Perdrix Royales " d'un seul coup de fusil. Mais où sont-elles tombées ? Heureusement que Marcel les avait suivis incognito depuis le matin, car c'est lui qui les rapporte fièrement :
" Je m'étais approché, et je voyais le pauvre Joseph. Sous sa casquette de travers, il mâchonnait nerveusement une tige de romarin, et hochait une triste figure.
Alors, je bondis sur la pointe d'un cap de roches, qui s'avançait au-dessus du vallon et, le corps tendu comme un arc, je criai de toutes mes forces :
" Il les a tuées ! Toutes les deux ! Il les a tuées ! "
Et dans mes petits doigts sanglants d'où pendaient quatre ailes dorées, je haussais vers le ciel la gloire de mon père en face du soleil couchant. "
(La Gloire de mon Père - chapitre 27.)

La Bastide Neuve (la maison des vacances), La Treille.
 (Photographie prise en 2000.)


Reçu second à l'examen des bourses, Marcel entre au Grand Lycée (actuel Lycée Thiers) de Marseille à la rentrée scolaire 1905.
Le 3 octobre 1905, après avoir été préparé par Augustine, Marcel est conduit au lycée pour la rentrée, par Joseph, accompagné de Paul :
" C'est le lundi 3 octobre au matin, à six heures, que sonna le grand branle-bas. Lavé, frotté, récuré (je faillis me crever le tympan) et largement nourri de tartines beurrées, j'endossai mon veston de marin. Paul portait un blouson gris tout neuf, et un joli col blanc rabattu, d'où sortait un beau nœud de soie bleu d'azur. Quant à Joseph, il me parut un peu étranglé par son col amidonné 'c'est toujours comme ça après les vacances) mais il avait néanmoins belle allure dans un complet gris clair, brillamment éclairé par un cravate socialiste de satin rouge."
(Le Temps des Secrets.)Marcel Pagnol poursuit ses études au Grand Lycée pendant 9 ans (1905 à 1914), comme demi-pensionnaire, jusqu'en hypôkhagne (première année de préparation, après le bac, aux grandes écoles littéraires).
Le 25 juillet 1909, René, le frère cadet de Marcel voit le jour.
Le décès d'Augustine, survient l'année suivante, le 16 juin 1910, à l'âge de 36 ans. Joseph, devenu veuf, s'installe avec ses enfants au n° 17, cours Lieutaud (4ème étage de l'immeuble).
Joseph poursuit sa carrière d'instituteur à l'école des Chartreux.
Il se remarie  en 1912 avec Madeleine Claire Julien et la famille s'installe au n° 66, cours Julien.
Toujours à l'école des Chartreux où il reste jusqu'à sa retraite, Joseph enseigne aussi l'Anglais dans le cadre de  " Cours Communaux d'Enseignement Pratique ".

Diplôme d'Anglais  signé par Joseph Pagnol,
décerné à Monsieur Boyer Pierre, daté du 31 mai 1917.

(Scan de l'original - document collection particulière.)
Copyright © Georges Berni


Joseph André Pagnol  passe une bonne partie de sa retraite au n° 66, cours Julien, puis avenue du Prado (impasse des Peupliers, dans un hôtel particulier attenant à l'usine où Marcel Pagnol faisait développer les pellicules de ses films, accompagnée par Germaine Gombert, sa fille (née Pagnol)Marcel Pagnol ayant acheté le château de La Buzine en 1941, Joseph y  vit les dix dernières années de sa vie, en compagnie de Germaine, dans la maison qui se trouve à gauche de l'entrée du château, maison qui servait auparavant aux régisseurs.

Joseph André Pagnol (1869-1951)