La meunerie gallo-romaine de Barbegal

 

 

 

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" Marcel Pagnol
et Alphonse Daudet "

 
 
   
(1) La meunerie gallo-romaine de Barbegal.
(Vue en contre-plongée à partir du bas de l'étagement des niveaux des ruines de la meunerie.)
(Vendredi 13 mai 2011 - 13 h - sortie avec les " Amis de Marcel Pagnol ".)
Tout en haut, au centre, l'arrivée du canal de l'aqueduc.
Au centre, des restes d'escaliers qui permettaient d'accéder aux différents niveaux, entre les constructions abritant les moulins,
à droite et à gauche.
Sur la droite, les supports, bien conservés, de deux niveaux de roues à aubes,
entraînées par le courant d'eau se déversant de niveau en niveau.
 
Alphonse Daudet, hôte régulier de Fontvieille, n'a pas connu les restes archéologiques de la meunerie antique de Barbegal (1) située sur le territoire de la commune, car elle a été découverte et dégagée par Fernand Benoit entre 1917 et 1939.

Elle a été bâtie sur le versant sud très abrupt d'une colline du chaînon de la Pêne, dans les Alpilles, à l'extrémité du vallon des Arcs. Elle a fonctionné du IIe au Ve siècle, jusqu'à la rupture de l'aqueduc gallo-romain ayant capté des sources  à Eygalières. Le canal domine le vallon grâce à une série d'arches (2)-(3) qui permettent, par la maîtrise de la pente, de contrôler le débit d'eau jusqu'à  la meunerie. L'aqueduc est jumelé, jusqu'au rocher percé pour alimenter la meunerie (4)-(5), à un deuxième aqueduc qui approvisionnait Arles. Cet aqueduc avait été construit un siècle auparavant.
Le soin apporté à l'édification des deux aqueducs diffère, ce qui apparaît clairement par le choix des matériaux employés, et par l'état de conservation de chaque ouvrage : l'aqueduc qui emmenait l'eau à Arles (à partir des sources d'Eygalières), dont la construction a dû être beaucoup plus onéreuse, est nettement mieux conservé (6).

Autour des deux aqueducs, le paysage paraît inchangé depuis l'époque d'Alphonse Daudet : sur les collines, la garrigue du chasseur de
 "Tartarin
de Tarascon ", et, sur les terres cultivables des coteaux, les oliviers (7). Seul changement visible depuis le rocher traversé par le canal alimentant la meunerie : les rizières de la plaine, en eau au mois de mai, quand les photos ont été prises. Dans l'Antiquité, la plaine était marécageuse, ce qui explique que la farine était transportée sur des radeaux ou des barques jusqu'à Arles, comme le montre la maquette du Musée départemental d'Arles antique (8).

La meunerie gallo-romaine de Barbegal est le seul exemple connu de bâtiment industriel antique avec des moulins à eau à roue verticale (9)-(10).
La meunerie produisait 4,5 tonnes de farine par jour, ce qui permettait de transformer le blé produit autour de la cité et de nourrir la population de la ville d'Arles. Nous sommes loin de la production du moulin de Daudet...

(2) Orientation de l'aqueduc, du nord (à droite) vers le sud (à gauche),
en direction du versant en pente raide de la colline où se trouve la meunerie (vendredi 6 mai 2011 - 13 h 30 min).
Traversée du vallon des Arcs.
L'aqueduc alimentant la meunerie est ici peu visible car un seul pilier reste encore en partie debout, le reste étant effondré.  
L'aqueduc d'Arles, dont  on voit quatre arches, est encore bien conservé.
(3) Orientation sud (à gauche) vers le nord (à droite), en direction des collines d'Eygalière où se trouvent les sources qui permettaient  d'alimenter les deux aqueducs (vendredi 6 mai 2011).
Les deux aqueducs et leurs canaux.
Au premier plan, l'aqueduc de la meunerie.
Un fragment du canal apparaît quasiment à la verticale, sur une partie écroulée (à gauche).
Derrière lui, l'aqueduc d'Arles, avec quatre arches visibles, et dans la partie supérieure, le canal envahi de végétation.
(4) Sur la partie gauche, juste avant l'à-pic, le rocher percé pour le passage du canal (dont on aperçoit la base des piédroits
de l'aqueduc alimentant la meunerie.
Sur la droite, les ruines du canal de l'autre aqueduc qui alimentait Arles. Celui-ci fait un angle quasiment droit contre le rocher.
(Vendredi 6 mai 2011 - 13 h 30 min.)

6) Entre la deuxième et la troisième arche (à partir de la gauche), accolé à l'aqueduc d'Arles, un tronçon de l'aqueduc de la meunerie.
Les bases de l'aqueduc d'Arles sont construites en grand appareil, alors que les bases des piliers (dont un seul visible ici) de l'aqueduc de la meunerie sont en moellons.
Cette différence de traitement, et donc de qualité de construction, a induit une meilleure conservation de l'aqueduc d'Arles au cours des millénaires.

(5) Au centre, se confondant avec le chemin, les restes du canal dont on aperçoit le radier, encore partiellement recouvert de mortier de tuileau, et, de part et d'autre, la base des piédroits en moellons.
En arrière plan, les rizières de la plaine d'Arles.
(7) Les oliveraies s'étendent tout autour de l'aqueduc.

(Ci-dessus.)
Meule mobile en basalte d'époque gallo-romaine.
On peut observer le trou cylindrique central par lequel était introduit le grain à moudre.
(8) Maquette de la meunerie de Barbegal
(musée d'Arles antique).
À l'arrière plan et en haut de la maquette, l'arrivée de l'aqueduc. Sur la pente rocheuse de la colline, s'étagent les huit niveaux de bâtiments abritant les mécanismes des meules entraînées par les 16 roues à aubes situées de part et d'autre. La rotation de ces roues était produite par la chute de l'eau de l'aqueduc.

 

 

(Ci-dessous.) Meule dormante (fond de moulin cylindrique) en pierre meulière (calcaire), pierre plate sur laquelle tournait la meule mobile pour écraser les grains de blé.

(10) Une autre maquette du musée.
Roue à aube verticale située à l'extérieur d'un bâtiment
correspondant à un niveau (8).

(9) Détail du fonctionnement d'un moulin.
Au premier plan, une roue à aube verticale entraînée par le courant d'eau qui arrive par la goulotte. En haut, la meule en basalte qui tourne sur une pierre plate cylindrique en calcaire pour moudre le blé introduit par le centre de la meule percée verticalement. Entre la roue à aube et la meule, un système mécanique d'engrenage permettant le transfert du mouvement de la roue à aube vers la meule.
Pour accéder à l'aqueduc à partir de Fontvieille :
Prendre l'allée des Moulins à partir du centre de Fontvieille ; continuer la route sur environ 2 km jusqu'à l'embranchement de
la route de l'Aqueduc ; tourner à gauche et poursuivre sur 600 m environ.
L'aqueduc de Barbegal est coupé par la route.
Garer la voiture et continuer à pied vers le sud en suivant l'aqueduc (environ 500 m) 
jusqu'aux vestiges de la meunerie gallo-romaine de Barbegal.
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